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Éthiopie, sept groupes armés forment une alliance contre le gouvernement
Du Tigré à l’Oromia en passant par l’Amhara, plusieurs mouvements armés aux trajectoires parfois opposées annoncent vouloir coordonner leurs forces pour obtenir le départ du gouvernement d’Abiy Ahmed et ouvrir une période de transition politique.
 

(AfriquesPlus) - Sept groupes armés éthiopiens ont annoncé la formation d’une coalition destinée à renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et à instaurer une administration de transition. Baptisée « Alliance pour la survie » (Ethiopian Peoples’ Forces Alliance for Survival), cette nouvelle plateforme réunit des mouvements issus de plusieurs régions du pays, dont certains se sont affrontés par le passé.

L’annonce a été rapportée lundi 21 septembre 2026 par APAnews, dans une dépêche publiée le même jour. Parmi les membres de la coalition figurent le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), le mouvement Fano de la région Amhara et l’Armée de libération oromo (OLA).

La coalition comprend également le Front de libération nationale de l’Ogaden (ONLF), le Front révolutionnaire démocratique uni de l’Afar (Ugugumo), le Benishangul Peoples’ Liberation Movement et le Gumuz Peoples’ Democratic Movement.

Dans leur déclaration fondatrice, les groupes affirment vouloir coordonner leurs forces afin de mettre fin au gouvernement actuel et d’engager une transition politique qu’ils présentent comme inclusive. Ils accusent les autorités fédérales de concentrer les pouvoirs à Addis-Abeba et de marginaliser les différentes régions du pays.

Les signataires dénoncent également la persistance des conflits, de la pauvreté et de l’insécurité. Leur rapprochement intervient alors que plusieurs régions éthiopiennes restent confrontées à des violences armées et à de fortes tensions politiques.

La présence du TPLF et de Fano au sein d’une même coalition constitue l’un des aspects les plus marquants de cette alliance. Les deux mouvements se trouvaient en effet dans des camps opposés pendant la guerre du Tigré, qui a opposé de 2020 à 2022 les forces fédérales et leurs alliés aux autorités de la région du Tigré.

Fano avait alors combattu aux côtés des forces fédérales avant de se retourner contre le gouvernement d’Abiy Ahmed après la fin de la guerre. Le mouvement est depuis engagé dans un conflit armé avec les autorités fédérales dans la région de l’Amhara.

La situation reste également tendue en Oromia, où l’OLA mène depuis plusieurs années une insurrection contre le gouvernement fédéral. Au Tigré, malgré l’accord de Pretoria signé en novembre 2022, de nouvelles tensions sont apparues ces derniers mois entre les autorités régionales et le pouvoir central.

Le gouvernement fédéral n’avait pas réagi dans l’immédiat à l’annonce de l’alliance. Des responsables éthiopiens avaient toutefois rejeté ces dernières semaines des informations faisant état de la constitution d’une coalition de groupes armés destinée à combattre le pouvoir d’Addis-Abeba.

La création de cette alliance intervient ainsi dans un contexte sécuritaire particulièrement fragmenté. Si les groupes qui la composent partagent leur opposition au gouvernement d’Abiy Ahmed, leurs revendications et leurs trajectoires politiques restent différentes. La capacité de cette coalition à coordonner effectivement ses forces et à peser sur le rapport de force avec le gouvernement fédéral reste donc à déterminer.

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