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Gladys West, la mathématicienne dont les travaux ont contribué au GPS
Née en 1930 dans une famille de fermiers de Virginie, dans un État marqué par la ségrégation raciale, elle obtient une bourse pour étudier les mathématiques dans une université historiquement noire
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=EWfwxNsum50

(AfriquesPlus) - Dans un nouvel épisode de « Les Immortels », Princesse Aset retrace pour Afo Media le parcours de Gladys West. La scientifique afro-américaine, morte en janvier 2026, a aidé à établir des modèles précis de la Terre, indispensables au développement de la navigation par satellite. Un récit qui remet en lumière une carrière longtemps restée dans l’ombre.

« À chaque fois qu’un GPS nous guide jusqu’à destination, il s’appuie sur les travaux de cette scientifique », lance Princesse Aset au début de l’épisode. La formule dit l’ampleur de son héritage. Elle mérite aussi une précision : Gladys West n’a pas inventé seule le GPS. Ses recherches en géodésie — la science qui mesure et décrit la Terre — ont contribué à fournir les modèles nécessaires à la précision du système.

Née en 1930 dans une famille de fermiers de Virginie, Gladys Mae Brown grandit dans un État marqué par la ségrégation raciale. L’épisode d’AfoMedia insiste sur l’éducation comme voie d’émancipation. Élève brillante, elle obtient une bourse pour étudier les mathématiques au Virginia State College, une université historiquement noire. Elle y décroche une licence en 1952, puis un master en 1955.

En 1956, elle est recrutée comme mathématicienne à Dahlgren, dans un établissement de recherche de la marine américaine. Les femmes noires y sont alors extrêmement peu nombreuses. West y mène une carrière de plus de quarante ans, au moment où les ordinateurs ouvrent de nouvelles possibilités de calcul aux chercheurs.

Le cœur de son travail tient à un problème que l’épisode résume en une question : « Comment mesurer la Terre ? » Notre planète n’est pas une sphère régulière. Sa forme et les variations de son champ gravitationnel compliquent les calculs nécessaires pour déterminer avec précision la position et l’orbite des satellites.

À partir des années 1970, Gladys West travaille sur les données recueillies par des satellites, notamment GEOS-3 et Seasat. Elle programme des calculs qui permettent d’affiner la représentation mathématique de la Terre, appelée géoïde. L’US Air Force souligne qu’elle a utilisé des algorithmes tenant compte, entre autres, des effets gravitationnels et des marées pour produire un modèle géodésique de plus en plus précis, utile à ce qui deviendra le GPS.

C’est là que se trouve sa contribution majeure. Pour calculer une position au sol à partir de signaux satellites, il ne suffit pas de recevoir ces signaux : il faut aussi disposer de références fiables sur la forme de la Terre. Les modèles auxquels West a travaillé ont participé à cette infrastructure scientifique, aujourd’hui peu visible pour les utilisateurs de téléphones, les pilotes ou les navigateurs.

Gladys West prend sa retraite en 1998, après quarante-deux ans de travail à Dahlgren. Sa contribution au développement de la navigation par satellite ne reçoit une large reconnaissance que bien plus tard. En 2018, l’US Air Force l’honore pour ses décennies de recherches et l’intègre à son Space and Missile Pioneers Hall of Fame.

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