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Marco Rubio interpellé par le Sénat américain sur le retour des armes au Tigré
La levée récente des mesures punitives contre les acteurs du conflit éthiopien passe mal sur la colline du Capitole. Un groupe d'élus réclame des initiatives concrètes et une condamnation sans détour des attaques ciblant les convois d'aide alimentaire
 

(AfriquesPlus) - Un groupe de sénateurs américains, emmené par Jeanne Shaheen, exhorte le secrétaire d'État Marco Rubio à intervenir alors que les combats reprennent dans la région éthiopienne du Tigré.

Dans une déclaration communiquée en priorité à Semafor, sous la plume du journaliste Adrian Elimian, les sénateurs démocrates — parmi lesquels figurent tous les membres démocrates de la sous-commission Afrique du Sénat — avertissent que l'accord négocié sous l'égide de l'Union africaine pour mettre fin à la guerre de 2020-2022, un accord que Washington avait lui-même soutenu, est « en train de s'effriter ».

Le texte condamne une frappe de drone ayant visé un camion transportant de l'aide alimentaire financée par les États-Unis pour des déplacés du nord-ouest du Tigré, frappe dont l'armée éthiopienne est soupçonnée. Il reproche par ailleurs aux forces tigréennes de saper l'autorité du gouvernement intérimaire régional, de refuser de désarmer et de recourir à la conscription forcée de civils. Les élus américains blâment enfin l'administration Trump, qu'ils accusent d'avoir laissé expirer des sanctions visant des acteurs régionaux quelques jours à peine avant la reprise des hostilités.

Les tensions s'accumulaient depuis des mois, entre accrochages et frappes aériennes, avant que le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ne déclare la semaine dernière une « guerre défensive », puis ne s'empare de localités clés et ne pousse son avancée jusque dans les régions voisines d'Afar et d'Amhara. Quelques jours plus tôt, le mouvement avait publiquement scellé une alliance avec d'autres groupes armés éthiopiens décidés à renverser le gouvernement fédéral, ravivant les craintes d'une déstabilisation plus large d'une zone déjà fragilisée par les conflits au Soudan, en Somalie et au Yémen. La guerre du Tigré de 2020-2022 avait fait plus de 100 000 morts et contribué à une famine dans la région.

L'attitude de Washington reste ambivalente : l'administration avait imposé en juin des sanctions contre des responsables non identifiés du TPLF jugés nuisibles au processus de paix, avant de laisser s'éteindre ce mois-ci le décret présidentiel de 2021 qui fondait l'ensemble du programme de sanctions sur l'Éthiopie. Le département d'État s'est pour sa part borné à condamner la frappe visant le convoi humanitaire, sans désigner de responsable.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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