(AfriquesPlus) - Sachets d'eau, gobelets, pailles, couverts, sacs : depuis le 20 septembre 2026, la fabrication et la distribution à des fins commerciales des emballages et objets en plastique à usage unique sont interdites en Guinée. Le texte de référence est un décret pris en septembre 2024, qui prévoyait six mois pour écouler les stocks et deux ans pour permettre aux industries de se conformer aux nouvelles normes. À Conakry, où les déchets plastiques s'accumulent dans les rues, la mesure divise.
Dans un reportage diffusé par TV5 Monde, des associations écologistes se félicitent de la décision et insistent sur la durée de vie de ces déchets. Environ 50 ans pour un gobelet, jusqu'à 500 ans pour une bouteille. Pour l'un de leurs représentants, seul un changement de comportement durable peut inverser la tendance.
Selon le reportage, les déchets s'échouent en continu sur le littoral et les poissons ont déserté la mangrove, indispensable à leur reproduction. Un pêcheur raconte qu'il y a dix ans, quelques heures en mer suffisaient, alors qu'il peut désormais y passer plus de quinze heures sans rien ramener. Certains espèrent une reprise de l'activité, d'autres redoutent de tout arrêter.
Du côté des entreprises, la crainte est celle d'une mesure trop brutale. Un producteur d'eau en bouteille, interrogé par la chaîne, défend le rôle économique de l'emballage plastique. Il estime que l'État aurait dû miser sur le recyclage et la collecte plutôt que sur l'interdiction. Les consommateurs sont eux aussi partagés. D'après Guinéenews, certains saluent une décision censée lutter contre l'insalubrité et la pollution, d'autres s'interrogent sur les alternatives, leur coût et la faisabilité de la mesure.
Reste à remplacer ce qui est devenu indispensable au quotidien. À Conakry, une association réunit couturiers et cordonniers qui fabriquent des sacs en tissu, en cuir et même en carton. Sa responsable affirme pouvoir absorber de nombreuses commandes, rappelant que l'équipe avait produit plusieurs milliers de bavettes pendant la crise du Covid. D'autres entrepreneurs misent sur le papier. Selon Le360, un atelier produit déjà des sacs en papier pour commerces, pharmacies et cérémonies, avec une demande encore modeste mais appelée à croître.
Ces initiatives ne suffiront cependant pas, à elles seules, à couvrir la demande nationale d'emballages, souligne TV5 Monde. Commerçants et professionnels du secteur attendent désormais des pouvoirs publics des mesures d'accompagnement, notamment pour développer une production de plastique biodégradable.