(AfriquesPlus) - La découverte de onze corps de femmes dans la région d’Ekurhuleni, près de Johannesburg, ravive le débat sur l’ampleur des féminicides en Afrique du Sud et les défaillances dans la protection des victimes. Face à l’indignation suscitée par ces meurtres, le président Cyril Ramaphosa a annoncé de nouvelles mesures, tout en appelant les hommes à s’engager davantage contre les violences sexistes.
Un article du Guardian, publié ce 30 septembre 2026 par Rachel Savage depuis Johannesburg, rapporte que le chef de l’État a reconnu que les autorités n’avaient pas suffisamment protégé les femmes. Il a annoncé un réexamen, dans un délai de 60 jours, des enquêtes non résolues portant sur des meurtres, des tentatives de meurtre et des agressions sexuelles visant des femmes et des enfants. Un plan financé doit également être élaboré pour résorber les retards dans le traitement des preuves médico-légales. Les collectivités locales disposeront, quant à elles, de cinq mois pour améliorer la sécurité des espaces publics, notamment en réparant l’éclairage et en réhabilitant les lieux délaissés.
Depuis le 15 juillet, onze corps de femmes ont été découverts dans la municipalité d’Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg. Huit victimes ont été retrouvées au cours des trois semaines précédant la publication de l’article. Trois suspects ont été arrêtés dans le cadre de certaines de ces affaires. La police poursuit les investigations, sans disposer, à ce stade, d’éléments établissant qu’un même tueur en série serait responsable des onze meurtres.
Le président a également exhorté les hommes à ne plus rester silencieux face au harcèlement et aux comportements abusifs de leur entourage. Il a annoncé une initiative interministérielle destinée à réduire les violences favorisées par une consommation excessive d’alcool, tout en soulignant que celle-ci ne saurait exonérer les auteurs de leur responsabilité.
Ces annonces suscitent néanmoins des réserves parmi les organisations de défense des droits humains. Amnesty International South Africa rappelle que les engagements pris par les autorités doivent se traduire par des actes concrets et des conséquences en cas d’inaction. De son côté, l’organisation Sonke Gender Justice estime que les mesures restent principalement axées sur les enquêtes et la prise en charge des faits après leur commission, sans apporter une réponse suffisamment globale aux causes des violences ni à leur prévention.