(Afriquesplus)- Le fils du ministre nigérian du Territoire de la capitale fédérale (FCT), Nyesom Wike, a nié avoir reçu 2,1 millions de dollars dans le cadre d’une transaction foncière présumée à Abuja. Selon le média nigérian The Punch, Jordan Ezenwo Nyesom-Wike a également affirmé devant la Haute Cour du FCT que la signature figurant sur un document présenté dans cette affaire avait été falsifiée.
Avocat de profession, Jordan Wike a fait cette déclaration mercredi lors de son contre-interrogatoire dans le cadre d’une procédure engagée par l’homme d’affaires Safwan Garba GY et la société GY Global Oil and Gas Nigeria Limited. L’affaire, enregistrée sous le numéro CV/008/2026, est examinée par le juge Silvanus Oriji à Abuja.
Les plaignants réclament le remboursement de 2,1 millions de dollars qu’ils affirment avoir versés à Jordan Wike dans le cadre d’un projet immobilier portant sur des terrains situés à Katampe et Guzape. Ils soutiennent qu’un projet de coentreprise devait permettre la construction de logements destinés à la vente.
Selon leur version des faits, Jordan Wike devait contribuer à l’apport foncier, tandis que Safwan Garba devait financer le développement à hauteur de 4,2 millions de dollars. L’accord prévoyait notamment des terrains de 1,7 hectare à Guzape et de 1,5 hectare à Katampe New Extension, avec un partage des revenus issus des ventes.
Les plaignants affirment toutefois avoir finalement versé 2,1 millions de dollars en espèces pour deux parcelles dont ils pensaient que Jordan Wike avait la capacité de disposer. Le paiement aurait eu lieu le 26 septembre 2025 dans une résidence à Gwarimpa, à Abuja, en présence de plusieurs personnes.
Devant la cour, Jordan Wike a catégoriquement contesté avoir reçu cet argent ou avoir conclu une transaction foncière avec les plaignants. Il a également rejeté l’authenticité du document portant une signature qui lui est attribuée.
L’affaire comporte également un volet lié à sa présence au Nigeria au moment où le paiement aurait été effectué. La veille de son témoignage, le juge avait ordonné à Jordan Wike de présenter son passeport américain, après qu’il eut affirmé se trouver hors du Nigeria le 26 septembre 2025. Le document a été présenté à la cour mercredi.
Les débats ont également porté sur un enregistrement vocal daté du 17 octobre 2025, déjà versé au dossier. Interrogé sur une transcription faisant référence à de l’argent, Jordan Wike a reconnu que cet élément apparaissait dans la conversation, tout en maintenant qu’il n’avait pas rencontré physiquement le plaignant à la date indiquée pour la remise présumée des fonds.
Les plaignants demandent à la justice d’ordonner le remboursement des 2,1 millions de dollars, assorti d’intérêts de 10 % à compter de la date du jugement. Ils réclament également 100 millions de nairas à titre de dommages et intérêts.
Jordan Wike, qui conteste l’ensemble des accusations, est représenté par l’avocat principal Ogwu Onoja. La défense a demandé l’autorisation de convoquer des témoins supplémentaires. La cour a fixé les prochaines audiences aux 1er, 2 et 14 décembre 2026.
Aucune responsabilité n’a été établie à ce stade contre Jordan Wike ou son père, Nyesom Wike. L’affaire demeure pendante devant la justice nigériane.