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Le Brief d’AfriquesPlus du vendredi 2 octobre 2026
Tensions dans la Corne de l’Afrique, difficultés sociales au Nigeria, urgence sanitaire en RDC : le continent reste sous pression. Côté sport, la CAN 2027 se dessine déjà entre résultats contrastés et matches amicaux.
 

(AfriquesPlus) - La presse africaine et internationale de ce vendredi 2 octobre met en évidence plusieurs foyers de tension sur le continent. De l’Afrique australe au Sahel, en passant par la Corne de l’Afrique et l’Afrique centrale, les questions sécuritaires, sociales et diplomatiques occupent une place centrale. Le Nigeria est confronté à une grève d’avertissement des agents publics, tandis que la crise entre l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte prend une nouvelle dimension. En RDC, l’épidémie d’Ebola complique davantage une situation humanitaire déjà fragile. Sur le terrain sportif, les sélections africaines poursuivent leur préparation après les deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2027.

 Afrique du Sud : la sécurité et les violences faites aux femmes au premier plan

En Afrique du Sud, Mail & Guardian consacre plusieurs de ses titres du jour à la violence et aux questions de sécurité. Le journal revient notamment sur la découverte de onze corps de femmes dans l’est de Johannesburg, une affaire qui alimente les inquiétudes autour des violences faites aux femmes et des féminicides. Le quotidien consacre également un éditorial aux engagements des autorités contre les violences basées sur le genre, estimant que les annonces doivent désormais être suivies d’actions concrètes. 

Le sujet s’inscrit dans un contexte particulièrement préoccupant après les fusillades meurtrières de Johannesburg et du Cap qui ont fait au moins 27 morts le 27 septembre. 

Sur le plan économique, Reuters relève de son côté une amélioration de l’activité manufacturière sud-africaine en septembre, après trois mois de contraction. L’amélioration des nouvelles commandes a contribué à cette évolution, même si la situation économique demeure surveillée de près. 

Le rand reste également au centre de l’attention des marchés, dans un environnement marqué par les mouvements du dollar et les interrogations sur l’économie sud-africaine. 

Dans l’actualité locale, IOL rapporte par ailleurs l’arrestation d’un ancien maire, d’un responsable municipal et d’un directeur financier dans une affaire présumée de rétrocommissions liées à un contrat de sécurité. 

 Nigeria : la fête de l’indépendance rattrapée par les difficultés sociales

Au Nigeria, le 66e anniversaire de l’indépendance continue de dominer les journaux, mais les célébrations officielles sont largement accompagnées de préoccupations économiques et sociales.

Punch met notamment en avant le début d'une grève d’avertissement de trois jours des travailleurs du secteur public, prévue du 2 au 4 octobre. Les syndicats réclament notamment des mesures sur le coût de la vie, les prix des carburants et les négociations salariales. 

La question du pouvoir d’achat apparaît ainsi comme l’un des principaux sujets de la presse nigériane. The Cable, dans sa revue des unes du jour, relève que la grève des fonctionnaires occupe une place importante dans les journaux, tandis que les difficultés liées au transport et au coût de la vie restent au cœur des préoccupations. 

Le discours d’indépendance du président Bola Tinubu constitue l’autre grand thème. Le chef de l’État a assuré que la réduction du coût de la vie restait au centre de l’action gouvernementale et défendu les réformes économiques engagées. 

Mais cette lecture gouvernementale est contestée dans l’espace public. Vanguard, dans une tribune publiée ce vendredi, revient notamment sur les attentes suscitées par le discours présidentiel et sur les interrogations concernant l’amélioration concrète des conditions de vie. 

Sur le front sécuritaire, Punch rapporte également que l’armée affirme avoir tué 16 combattants dans l’État d’Adamawa, au prix de trois soldats tués. 

 Éthiopie–Érythrée–Égypte : la crise change de dimension

C’est toutefois la Corne de l’Afrique qui concentre l’une des principales inquiétudes de la presse internationale.

L’Éthiopie et l’Érythrée ont franchi jeudi un nouveau seuil dans leur confrontation diplomatique. Addis-Abeba a ordonné la fermeture de son ambassade à Asmara et expulsé dix diplomates érythréens. L’Érythrée a répliqué en annonçant la rupture de ses relations diplomatiques avec son voisin. 

Cette crise intervient alors que les combats ont repris dans le Tigré, faisant craindre une nouvelle régionalisation du conflit. Reuters souligne ce vendredi que les alliances régionales ont profondément évolué depuis la guerre du Tigré de 2020-2022 et que les tensions avec l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte peuvent désormais se superposer au conflit intérieur éthiopien. 

La situation est d’autant plus sensible que le contentieux entre Addis-Abeba et Le Caire autour du Nil et du Grand barrage de la Renaissance reste entier. Le Monde rappelle que l’Égypte considère le contrôle et la gestion des eaux du Nil comme une question de sécurité nationale. 

Face à cette escalade, l’Union africaine appelle aujourd’hui l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte à la retenue et les invite à privilégier les canaux diplomatiques et le dialogue. 

 Égypte : diplomatie régionale et rapprochement avec Washington

Au Caire, les tensions avec Addis-Abeba constituent donc l’un des principaux dossiers africains du moment.

Sur un autre front diplomatique, Reuters révèle que Washington a décidé de lever certaines conditions liées aux droits humains pour 320 millions de dollars d’aide militaire américaine destinée à l’Égypte. Cette décision intervient alors que Washington souligne le rôle joué par Le Caire dans le contexte régional. 

Cette décision intervient dans une période où l’Égypte cherche à consolider son rôle diplomatique et stratégique en Afrique du Nord-Est et dans la région de la mer Rouge, tout en maintenant une attention particulière sur le dossier du Nil.

 RDC : Ebola vient aggraver une situation humanitaire déjà fragile

En République démocratique du Congo, l’actualité sanitaire est particulièrement préoccupante.

Selon Reuters, des milliers de personnes déplacées ont fui un camp de l’est du pays touché par Ebola après l’intervention de soldats. Le camp de Kigonze, dans la province de l’Ituri, accueillait environ 19 000 personnes déplacées et se trouve désormais largement abandonné. 

Le déplacement de cette population complique considérablement le travail des équipes sanitaires : parmi les personnes présentes dans le camp figuraient environ 1 000 contacts suivis dans le cadre de l’épidémie, dont seule une partie avait pu être retrouvée après la fuite. 

La crise sanitaire se superpose ainsi aux déplacements de populations et aux difficultés sécuritaires dans l’est du pays.

Sur le terrain politique et militaire, les Léopards restent néanmoins mobilisés. La RDC, qui a remporté ses deux premières rencontres des éliminatoires de la CAN 2027, dispute ce vendredi un match amical contre l’Ouganda à Johannesburg, avec une équipe largement renouvelée. 

 AES : coopération renforcée et affirmation de la dynamique confédérale

Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), la presse met davantage l’accent sur la consolidation de la coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

L’Agence d’Information du Burkina (AIB) relaie ce vendredi les discussions autour du renforcement de la coopération entre l’AES et la Russie, notamment à travers les ministres des Affaires étrangères des trois pays. 

La presse sahélienne continue également de mettre en avant les projets visant à renforcer l’intégration entre les trois États. Au Burkina Faso, la transformation locale des ressources minières demeure notamment un thème important, après l’inauguration récente de la première raffinerie d’or du pays

L’actualité de l’AES reste toutefois dominée par le double enjeu de sécurité et de souveraineté économique, dans un contexte où les groupes armés continuent de représenter une menace pour plusieurs régions du Sahel.

 Sport africain : la CAN 2027 déjà au centre des attentions

Sur le terrain sportif, les éliminatoires de la CAN 2027 restent le principal rendez-vous du moment.

Après deux journées, plusieurs sélections ont réalisé un sans-faute. La CAF souligne notamment les débuts parfaits du Maroc, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, de l’Afrique du Sud, de la RDC, du Rwanda, du Mali et de la Guinée-Bissau. 

L’Afrique du Sud a particulièrement marqué les esprits avec son large succès 5-0 contre l’Érythrée, tandis que l’Égypte a également signé une victoire spectaculaire, 5-0 contre le Soudan du Sud. 

À l’inverse, le Nigeria a subi un sérieux revers en s’inclinant 3-0 face à la Guinée-Bissau, résultat qui place les Super Eagles sous pression après les deux premières journées. 

 Le Ghana change de sélectionneur

Le Ghana fait également la une de l’actualité footballistique. Reuters rapporte que la Fédération ghanéenne et Carlos Queiroz ont décidé de mettre fin à leur collaboration d’un commun accord après les deux défaites concédées par les Black Stars contre la Côte d’Ivoire et la Gambie. 

Le Ghana devra désormais trouver un nouveau sélectionneur avant les prochaines échéances des éliminatoires en novembre.

 Les sélections africaines profitent de la fenêtre internationale

Plusieurs équipes africaines utilisent par ailleurs cette période pour disputer des matches amicaux. Reuters cite notamment le Sénégal, qui doit affronter les Comores à Marseille, ainsi que l’Afrique du Sud, appelée à rencontrer l’Égypte au Caire. Le Nigeria doit également affronter un adversaire en match amical après sa défaite contre la Guinée-Bissau. 

Ces rencontres permettent aux sélectionneurs de tester leurs effectifs avant la reprise des éliminatoires de la CAN 2027.

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