(Afriquesplus)- La coalition d’opposition kényane Azimio La Umoja est confrontée à un nouvel obstacle juridique dans son projet de devenir « The Ukombozi Alliance ». Le Tribunal des différends entre partis politiques (PPDT) a ordonné à l’Office du registraire des partis politiques (ORPP) de suspendre toute démarche administrative visant à officialiser ce changement de nom, dans l’attente de l’examen du litige.
Dans un article publié le 14 octobre 2026, le média kényan *Kenyans.co.ke* rapporte que cette décision provisoire a été rendue le mardi 13 octobre. Elle interdit notamment au registraire d’approuver, de publier au Journal officiel ou d’enregistrer la nouvelle appellation tant que le tribunal n’a pas statué sur le fond de l’affaire.
La procédure fait suite à une contestation portant sur l’utilisation du nom « Ukombozi », revendiqué par plusieurs acteurs politiques. Le tribunal a déclaré l’affaire urgente et fixé au 29 octobre une nouvelle audience destinée notamment à vérifier le respect de ses directives et à déterminer les suites de la procédure.
Une bataille autour du nom « Ukombozi »
Le différend oppose notamment les intérêts liés à la coalition Azimio et ceux d’un requérant qui affirme avoir réservé une appellation proche, « Ukombozi Peoples Party » (UPP). Selon les éléments rapportés par *Kenyans.co.ke*, ce dernier conteste la possibilité pour la coalition d’adopter le nom Ukombozi Alliance alors qu’une démarche antérieure concernant cette identité politique serait toujours en cause.
Le tribunal a également demandé à l’Office du registraire des partis politiques et au parti Wiper de déposer leurs réponses dans un délai de sept jours.
Cette décision intervient quelques semaines après l’annonce du changement de nom d’Azimio par Kalonzo Musyoka, dirigeant du parti Wiper. Le responsable avait présenté cette nouvelle appellation comme un moyen de faciliter l’intégration d’autres formations politiques au sein de la coalition, dans la perspective des élections générales de 2027.
Edwin Sifuna également concerné par le différend
Le nom Ukombozi est aussi associé aux ambitions politiques du sénateur de Nairobi Edwin Sifuna et au mouvement Linda Mwananchi. Son camp avait envisagé de transformer le United Democratic Party (UDP) en Ukombozi People’s Party.
Toutefois, l’Office du registraire des partis politiques avait rejeté cette proposition dans une lettre datée du 8 septembre 2026, en invoquant la similitude entre les deux appellations. Le registraire avait indiqué que le nom Ukombozi Alliance avait été réservé le 20 juillet 2026.
Les proches d’Edwin Sifuna contestent cependant cette chronologie et affirment que leur projet d’utiliser le nom Ukombozi remonterait à mars 2025. Cette divergence alimente les tensions autour de l’enregistrement des formations politiques et de l’utilisation de noms susceptibles de créer une confusion auprès des électeurs.
L’opposition face aux enjeux de 2027
La décision du PPDT intervient alors que les formations de l’opposition kényane cherchent à consolider leurs alliances en vue de l’élection présidentielle de 2027. Malgré les différends autour de la nouvelle identité d’Azimio, plusieurs dirigeants continuent d’afficher leur volonté de présenter un candidat commun face au président William Ruto.
La suspension ordonnée par le tribunal ne constitue pas une décision définitive sur la propriété ou le droit d’utiliser le nom contesté. Elle bloque provisoirement les démarches d’enregistrement, dans l’attente de l’examen contradictoire du dossier.
L’issue de cette procédure pourrait avoir des conséquences sur la réorganisation de l’opposition, à un moment où les acteurs politiques cherchent à clarifier leurs structures et leurs stratégies électorales. Au-delà du différend administratif, cette affaire illustre l’importance des procédures de réservation et d’enregistrement des noms de partis dans la préparation des échéances électorales au Kenya.