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Libye : la contrebande de carburant aurait coûté jusqu'à 4,4 milliards de dollars à l'État en neuf mois
La contrebande de carburant aurait coûté jusqu'à 4,4 milliards de dollars à l'État libyen entre janvier et septembre 2026, selon des estimations présentées par l'ONU au Conseil de sécurité.
 

(Afriquesplus)- La contrebande de carburant continue de peser lourdement sur les finances publiques libyennes. Selon une analyse publiée le 16 octobre 2026 par l'Agence Ecofin, les détournements de produits pétroliers importés pourraient avoir occasionné des pertes allant jusqu'à 4,4 milliards de dollars pour l'État sur les neuf premiers mois de l'année.

Ces estimations ont été présentées le 14 octobre par Hanna Tetteh, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour la Libye, devant le Conseil de sécurité. D'après les données communiquées, le pays a importé 8,15 millions de tonnes de carburant entre janvier et septembre 2026, pour un coût total de 8,9 milliards de dollars. Entre 30 et 50 % des volumes importés auraient été détournés vers des circuits de contrebande, représentant une valeur estimée entre 2,4 et 4,4 milliards de dollars.

Une facture lourde pour les finances publiques

Ces détournements constituent un défi majeur pour un pays dont l'économie dépend fortement des revenus pétroliers. Le système de subvention des carburants, destiné à maintenir des prix accessibles sur le marché intérieur, rend les produits concernés particulièrement attractifs pour les réseaux qui les revendent illégalement sur les marchés parallèles ou à l'étranger.

La hausse des prix internationaux de l'énergie en 2026, notamment du diesel, a renforcé les incitations à détourner les carburants subventionnés. L'État supporte ainsi une facture élevée pour importer des produits dont une partie n'atteint pas les consommateurs auxquels ils sont destinés.

Les conséquences dépassent la seule question budgétaire. Les détournements contribuent aux pénuries de carburant dans plusieurs régions, en particulier dans le sud du pays, où les habitants et les services essentiels rencontrent des difficultés d'approvisionnement. Des problèmes de disponibilité de carburant et d'électricité sont également signalés dans certaines zones de l'est et de l'ouest.

Des failles dans le contrôle de la distribution

Le circuit d'approvisionnement mobilise plusieurs acteurs, notamment la compagnie pétrolière publique National Oil Corporation et les structures chargées du stockage, du transport et de la distribution. Les difficultés de traçabilité entre l'importation et la consommation finale compliquent le contrôle des volumes et la lutte contre les détournements.

Les prix fortement subventionnés et les faiblesses des mécanismes de surveillance favorisent l'apparition de marchés parallèles. Dans un contexte de divisions institutionnelles et politiques persistantes, le renforcement des contrôles et la coordination entre les organismes publics apparaissent comme des enjeux essentiels pour limiter les pertes.

La représentante spéciale de l'ONU a également attiré l'attention sur les répercussions de cette situation sur la capacité de l'État à financer les services publics et à répondre aux besoins de la population. Les sommes en jeu illustrent l'ampleur du défi auquel sont confrontées les autorités libyennes.

Un enjeu de gouvernance économique

La lutte contre la contrebande de carburant constitue désormais un enjeu de gouvernance autant qu'une question de sécurité énergétique. Une meilleure traçabilité des importations, des contrôles renforcés sur les circuits de distribution et une plus grande transparence dans la gestion des subventions pourraient contribuer à réduire les détournements.

Toutefois, les montants avancés par l'ONU restent des estimations portant sur les volumes qui auraient été perdus à cause de la contrebande. Ils ne correspondent pas à un montant définitivement établi par un audit exhaustif. Leur ampleur souligne néanmoins la nécessité de mieux contrôler l'utilisation des ressources publiques dans un secteur stratégique pour l'économie libyenne.

 

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