Skip to main content
Nigeria, Wole Soyinka dénonce les retards dans l’exécution des décisions de justice
Le prix Nobel de littérature déplore que des citoyens attendent parfois des années pour obtenir réparation, certains mourant avant même de bénéficier des jugements rendus en leur faveur.
 

(AfriquesPlus) - Le prix Nobel de littérature Wole Soyinka appelle les autorités nigérianes à faire de l’exécution des décisions de justice une priorité. Dans un article publié le 16 octobre 2026 par l’Agence de presse africaine (APA), l’écrivain déplore que des citoyens attendent parfois des années pour obtenir réparation, certains mourant avant même de bénéficier des jugements rendus en leur faveur.

Lors de la première conférence annuelle des médiateurs nigérians, organisée jeudi 15 octobre à Abuja par la Commission des plaintes du public (Public Complaints Commission, PCC), Wole Soyinka a dénoncé le fossé entre les décisions prononcées par les tribunaux et leur application effective.

Intervenant sur le thème « Mise en place de systèmes et conformité : un facteur clé de la bonne gouvernance », l’écrivain s’est interrogé sur l’incapacité des institutions à garantir l’exécution des jugements, malgré les démarches entreprises par les plaignants et l’intervention de l’appareil judiciaire.

Il a notamment dénoncé le fait que des organismes publics ignorent des décisions rendues par des juridictions compétentes. Wole Soyinka a cité des cas de citoyens contraints d’attendre plusieurs années avant que des injonctions judiciaires soient respectées, notamment celles ordonnant la restitution de passeports confisqués.

Qualifiant ces retards de « remède après la mort », le Nobel de littérature a mis la PCC au défi de faire de ce problème une priorité absolue. Selon lui, une meilleure exécution des décisions de justice contribuerait à restaurer la confiance des citoyens dans le système judiciaire nigérian.

« Si vous parvenez à résoudre ce problème, croyez-moi, je mourrai heureux », a-t-il déclaré, insistant sur les conséquences humaines des lenteurs qui privent les justiciables des bénéfices concrets des décisions obtenues.

L’émir de Lafia, Sidi Bage Muhammad I, également président du Conseil des chefs traditionnels de l’État de Nasarawa, a attribué ces manquements à un déficit de discipline et à une gouvernance défaillante. Cet ancien juge de la Cour suprême a rappelé que des règles encadrent déjà l’exécution des décisions judiciaires.

Il a estimé que les responsables publics ne devraient pas avoir besoin de rappels répétés pour se conformer aux injonctions des tribunaux. Désignant les détenteurs de l’autorité comme les principaux responsables de ces manquements, il les a appelés à montrer l’exemple en respectant les décisions de justice.

Pour Sidi Bage Muhammad I, les autorités doivent assumer leurs obligations judiciaires sans attendre des rappels successifs. Le respect des jugements constitue, selon lui, une exigence fondamentale de l’État de droit et une condition essentielle pour que les citoyens soient eux-mêmes tenus de se conformer aux décisions des tribunaux.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1823
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3