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Mogadiscio, une capitale qui ne mérite plus sa réputation meurtrière
Longtemps synonyme de terreur, la capitale somalienne connaît une accalmie sécuritaire inédite depuis l'émergence des Shebab, mais cette embellie repose sur des fondations plus fragiles qu'il n'y paraît
 

(AfriquesPlus) - Il y a six ans, sortir le soir à Mogadiscio relevait du pari risqué. C'est ce que raconte The Economist dans un article publié le 13 août 2026, à travers le témoignage de Saakin Abdi, jeune fonctionnaire ayant perdu une amie dans un attentat-suicide en 2020, année où au moins 320 personnes avaient péri dans des attaques des Shebab dans la capitale.

Le renversement de situation est spectaculaire. Selon les chiffres de l'Armed Conflict Location and Event Data project cités par le magazine britannique, les attaques du groupe jihadiste sont passées de 144 au troisième trimestre 2022 à seulement cinq au deuxième trimestre 2026, l'année en cours s'annonçant comme la moins meurtrière depuis l'apparition des Shebab au milieu des années 2000.

Pour Omar Mahmood, de l'International Crisis Group, cette embellie constitue tout simplement la principale réussite du président Hassan Sheikh Mohamud. La vie nocturne a repris ses droits : cafés bondés jusqu'à minuit, jeunesse connectée sur TikTok, et même un discours public inédit du chef de l'État, le 1er juillet, sur une place jadis parmi les plus visées.

Sur le terrain économique, les effets sont tangibles : nouveaux immeubles, quartiers en pleine densification autour de l'aéroport, projets immobiliers de standing. Mais les causes de cette accalmie font débat. The Economist évoque des mesures concrètes (vidéosurveillance, bases de données policières) ainsi que le rôle déterminant de la Turquie, principal bailleur militaire et économique du pays depuis l'ouverture de sa plus grande base étrangère à Mogadiscio en 2017. Certains analystes suggèrent même que les Shebab, toujours maîtres de l'arrière-pays malgré les frappes américaines, auraient simplement changé de tactique plutôt que d'avoir été affaiblis.

Le tableau reste donc fragile. Le magazine pointe des élections reportées, des affrontements meurtriers en juin, une confrontation croissante entre le pouvoir central et les États régionaux comme le Puntland, ainsi que le désengagement américain du financement de la mission de paix de l'Union africaine, sans relais européen en vue. Une équation qui laisse planer le doute sur la durabilité de cette accalmie.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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