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L’Afrique veut renforcer ses réseaux de recherche pour mieux répondre aux crises complexes
Les grands défis africains - sécurité alimentaire, gestion de l’eau, changement climatique, migrations ou conflits - sont liés entre eux et ne peuvent être traités efficacement par des politiques fondées sur des relations de cause à effet trop simples
 

(AfriquesPlus) - Dans un article publié ce 17 août 2026, dans Nature Africa, la journaliste Lisa Palmer analyse la relance du Southern African Systems Analysis Centre (SASAC), avec l’ambition d’en faire un réseau plus large reliant chercheurs et décideurs politiques à travers l’Afrique subsaharienne.

L’initiative part d’un constat : les grands défis africains - sécurité alimentaire, gestion de l’eau, changement climatique, migrations ou conflits - sont liés entre eux et ne peuvent être traités efficacement par des politiques fondées sur des relations de cause à effet trop simples. Lisa Palmer cite notamment le cas de deux provinces sud-africaines présentant des taux de réussite scolaire similaires, mais confrontées à des causes très différentes. Une même réponse politique aurait donc risqué d’échouer dans les deux territoires.

Réunis en juin à l’International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA), en Autriche, des représentants de sept institutions sud-africaines ont discuté de l’évolution du SASAC vers une plateforme continentale. Créé dans le cadre des collaborations de l’IIASA avec l’Afrique subsaharienne, le centre a notamment contribué à former plus de 100 doctorants en analyse des systèmes entre 2016 et 2022. Le nouveau réseau devrait s’étendre à 18 pays, favoriser la mobilité des chercheurs, les formations spécialisées et les collaborations entre scientifiques et administrations.

L’objectif est surtout de rapprocher la recherche de la décision publique. Des chercheurs proposent ainsi d’utiliser l’analyse systémique pour travailler sur des problématiques régionales comme la sécurité hydrique, les risques d’inondation, la santé publique, les écosystèmes marins et l’économie bleue. Une expérience menée autour du bassin du lac Victoria montre déjà comment des modèles scientifiques peuvent aider plusieurs gouvernements à anticiper les conséquences des évolutions de la disponibilité de l’eau sur l’agriculture, l’hydroélectricité et la sécurité alimentaire.

L’article souligne également l’importance des données, encore insuffisantes dans de nombreux pays africains. La science citoyenne pourrait contribuer à combler certaines lacunes. Au Ghana, des données collectées par des citoyens sur les déchets plastiques marins ont ainsi été validées puis intégrées aux statistiques officielles du pays.

Pour les chercheurs cités par Nature Africa, l’analyse des systèmes doit enfin intégrer les questions de sécurité humaine. Dégradation environnementale, insécurité alimentaire, déplacements de population et violences peuvent s’alimenter mutuellement, comme l’illustrent les dynamiques observées dans le bassin du lac Tchad ou dans le nord du Mozambique.

Le projet défendu par les participants consiste donc moins à créer une nouvelle structure qu’à connecter les capacités scientifiques africaines existantes et à mieux les faire dialoguer avec les pouvoirs publics. Pour Kambidima Wotela, l’un des chercheurs impliqués, il s’agit notamment de former des responsables capables de devenir des « champions du développement » et d’agir sur des systèmes dont les transformations nécessitent du temps.

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