(AfriquesPlus) - Plus de 500 Ghanéens ont été contraints de fuir leurs domiciles et leurs commerces en Afrique du Sud après de récentes attaques xénophobes, avant de bénéficier d’un hébergement, de nourriture, de vêtements et d’autres formes d’assistance. L’information a été rapportée le 12 août 2026 par l’agence Anadolu (AA) dans un article signé Amarana Malga, citant le ministère ghanéen des Affaires étrangères.
L’aide d’urgence a été assurée par les responsables et les communautés de l’Église de Pentecôte en Afrique du Sud. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a salué cette mobilisation lors d’une rencontre avec le président de l’Église de Pentecôte, l’Apôtre Dr Eric Nyamekye, au siège de l’organisation à Accra.
Au nom du président John Dramani Mahama, du gouvernement et du peuple ghanéens, le ministre a exprimé sa reconnaissance à l’Église pour son soutien aux ressortissants affectés par les violences. Selon Amarana Malga, l’intervention de l’Église revêt une importance particulière pour le Ghana, qui ne dispose que d’une seule mission diplomatique en Afrique du Sud, à Pretoria. L’Église de Pentecôte bénéficie, à l’inverse, d’un réseau beaucoup plus étendu à travers le pays, permettant à ses responsables d’atteindre rapidement des Ghanéens affectés dans différentes localités.
L’assistance a notamment été coordonnée par l’Apôtre Bernard Boakye Anyimadu, responsable national de l’Église de Pentecôte en Afrique du Sud, avec plusieurs responsables locaux, dont l’Apôtre James Quaicoe, responsable de secteur de Johannesburg et ministre de district de Pretoria, ainsi que le pasteur Senoo Godsway, ministre de district de Kempton Park.
Pour Accra, cet épisode illustre le rôle que peuvent jouer les réseaux communautaires dans la protection et l’assistance aux ressortissants africains confrontés à des situations de crise à l’étranger.
Le gouvernement ghanéen entend désormais tirer les enseignements de cette intervention. Samuel Ablakwa a indiqué que des consultations seraient menées avec les chefs de mission et les autres parties prenantes afin d’étudier la possibilité de formaliser la coopération entre le ministère des Affaires étrangères et l’Église de Pentecôte par un protocole d’accord.
L’objectif serait de mieux coordonner le réseau international de l’Église avec les missions diplomatiques ghanéennes afin de faciliter une assistance rapide aux ressortissants en situation de détresse. Selon les informations communiquées lors de la rencontre, l’Église de Pentecôte est présente dans environ 210 pays et territoires.
Le ministre a également rappelé l’intervention de l’organisation lors du conflit russo-ukrainien. Des responsables et membres de l’Église avaient alors contribué à aider des étudiants ghanéens et d’autres ressortissants à quitter des zones de conflit et à rejoindre notamment la Hongrie et la Roumanie.
Ces événements surviennent dans un contexte de tensions persistantes autour de l’immigration en Afrique du Sud. Des manifestations anti-immigration ont conduit des migrants à quitter certaines zones du pays, tandis que plusieurs incidents impliquant des agressions contre des ressortissants étrangers ont suscité des critiques de gouvernements africains et d’organisations de défense des droits humains.
Pour Accra, la prise en charge des Ghanéens victimes de ces violences souligne ainsi la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des ressortissants vivant dans des pays où la présence diplomatique du Ghana demeure limitée.