(AfriquesPlus) - Le gouvernement kényan tente de réconcilier sa jeunesse avec l'agriculture, secteur vieillissant mais vital pour l'économie du pays, rapporte Le Monde le 12 août 2026, dans un article d'Eugénie Tenezakis.
L'agriculture représentait encore 22,5% du produit intérieur brut kényan en 2024, selon l'agence nationale de statistiques citée par le quotidien français. Mais l'âge moyen des exploitants atteint désormais 64 ans, et la part des jeunes dans la main-d'œuvre du secteur est tombée à 28,5% en 2020, contre 46,5% au début des années 2000.
« Notre population croît plus rapidement que notre production. Nous devons attirer nos jeunes vers l'agriculture, sinon nous dépendrons de plus en plus des importations pour nous nourrir », s'inquiète l'économiste Timothy Njagi, cité par le journal. Il pointe aussi le chômage des jeunes, qui s'élève à 67% : « Les secteurs de l'industrie et des services ne peuvent pas absorber toute notre jeunesse. »
Pour inverser la tendance, Nairobi relance les « 4K clubs », programme créé en 1962 et remis au goût du jour en 2025 : le pays en compte désormais 2 700. Le gouvernement a aussi lancé en février une formation au « modèle agripreneurial » et un programme d'échange de six mois vers l'Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark ou le Royaume-Uni.
Mais les obstacles restent nombreux. « Moins de 20% des terres sont arables au Kenya, et ce chiffre diminue avec le changement climatique », souligne Timothy Njagi, qui évoque aussi la fragmentation des exploitations et la difficulté d'accès au crédit.
Jacinta Mwanzia, 31 ans, a préféré quitter la ferme familiale pour un emploi d'assistante administrative en ligne : « Même quand la récolte est bonne, les revenus sont trop faibles pour survivre. » Elle a toutefois initié ses parents à l'agriculture régénérative pour lutter contre la sécheresse, et n'exclut pas un retour : « Si les agriculteurs reçoivent davantage de soutien et que la production devient plus rentable, alors je reviendrai. »