(AfriquesPlus) - Plus de 50 dignitaires musulmans et chrétiens ont signé mercredi à Abuja un accord destiné à renforcer le dialogue interreligieux et à promouvoir la paix au Nigeria, dans un contexte marqué par des violences persistantes et des tensions autour de la question religieuse.
Dans un article publié le 14 août 2026, Africanews rapporte que cet accord de paix interconfessionnel a été conclu lors d’une conférence organisée par la Ligue islamique mondiale dans la capitale nigériane. Le texte prévoit notamment la création d’une nouvelle instance chargée de promouvoir l’harmonie religieuse à travers le pays.
L’accord appelle également au renforcement des initiatives associant les institutions gouvernementales, les responsables religieux et les organisations de la société civile. L’objectif est de favoriser une coopération plus étroite entre ces différents acteurs afin de préserver la paix et la stabilité sociale.
Avec plus de 237 millions d’habitants selon la Banque mondiale, le Nigeria présente une forte diversité religieuse, avec un Nord majoritairement musulman et un Sud principalement chrétien. Cette configuration contribue à faire de la coexistence entre les deux communautés un enjeu majeur de cohésion nationale.
La signature de l’accord intervient dans un contexte de controverses internationales sur les violences qui frappent le pays. Quelques mois plus tôt, Donald Trump avait vivement critiqué les autorités nigérianes, les accusant de rester passives face à ce qu’il présentait comme des persécutions de chrétiens par des groupes qualifiés de « terroristes islamistes ».
Le gouvernement nigérian avait rejeté ces accusations, affirmant que les violences touchent les populations sans distinction de confession. Cette lecture est également défendue par certains responsables internationaux, qui mettent en garde contre une interprétation exclusivement religieuse de l’insécurité au Nigeria.
L’insurrection de Boko Haram, active depuis 2009 dans le nord-est du pays, illustre cette complexité. Selon les Nations unies, elle a fait plus de 40 000 morts, dont une majorité de musulmans.
En janvier, le coordonnateur résident des Nations unies au Nigeria, Mohamed Malik Fall, avait d’ailleurs relativisé l’idée d’une persécution visant spécifiquement une communauté religieuse. « Attribuer cette violence à une persécution ciblée contre un groupe religieux… Je n’irais pas jusque-là », avait-il déclaré.
Le nouvel accord entend ainsi faire du dialogue interreligieux un instrument de prévention des tensions et de consolidation de la cohésion sociale. La nouvelle instance annoncée devra notamment contribuer à rapprocher les autorités, les responsables religieux et les organisations de la société civile autour d’initiatives communes en faveur de la paix.