Skip to main content
Cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana alertent sur la multiplication des substituts
L’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG) s’inquiète de la baisse de la teneur en fèves dans certains produits chocolatés, alors que les producteurs supportent des coûts croissants pour répondre aux exigences de durabilité et de traçabilité.
 

(AfriquesPlus) - L’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG) tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des substituts au cacao et aux reformulations industrielles qui réduisent la part de fèves dans certains produits chocolatés. L’organisation estime que cette évolution risque de fragiliser davantage les producteurs, déjà confrontés à des coûts importants pour se conformer aux nouvelles normes environnementales et sociales.

Dans un article publié le 13 aout, l’agence APAnews rapporte que cette inquiétude intervient dans un contexte de relance de la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux principaux pays producteurs de cacao. L’ICCIG appelle notamment à davantage de transparence sur la composition des produits commercialisés et sur l’utilisation des labels de durabilité.

Le 16 juin 2026 à Abidjan, le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen John Dramani Mahama ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur coopération autour d’une économie cacaoyère durable. Les deux dirigeants ont notamment mis en avant la nécessité d’améliorer la rémunération des producteurs et de favoriser un partage plus équitable de la valeur créée tout au long de la chaîne.

La veille, le 15 juin, la 7e session du Comité de pilotage de l’ICCIG avait permis d’aborder plusieurs dossiers structurants pour la filière. Les discussions ont notamment porté sur l’harmonisation des politiques de commercialisation, la lutte contre les maladies du cacaoyer, l’application de la norme ARS 1000, le développement de la transformation locale ainsi que l’élargissement de l’initiative à d’autres pays producteurs.

C’est dans ce contexte que l’ICCIG dénonce ce qu’elle considère comme une contradiction dans la chaîne de valeur. Alors que les producteurs ivoiriens et ghanéens consentent des efforts importants pour lutter contre la déforestation, améliorer la traçabilité et garantir la conformité sociale de leur production, les industriels réduisent parfois la quantité de cacao entrant dans la composition des produits finis.

L’organisation ne conteste pas la possibilité pour les entreprises de modifier leurs recettes dans le respect des réglementations en vigueur. Elle estime toutefois que ces changements ne doivent pas tromper les consommateurs ni compromettre les efforts consentis en matière environnementale et sociale. Toute substitution d’ingrédients devrait ainsi être clairement portée à la connaissance du public.

L’ICCIG demande également une utilisation plus rigoureuse des labels de durabilité. Pour l’organisation, ces certifications ne doivent pas être utilisées d’une manière susceptible de donner aux consommateurs une perception erronée de la composition ou des caractéristiques des produits chocolatés.

Au-delà de la question de l’information du consommateur, l’initiative veut mesurer les conséquences économiques de ces nouvelles formulations sur les producteurs. Elle réclame notamment une évaluation de leur impact sur les revenus des planteurs, alors que ceux-ci doivent déjà supporter des investissements croissants pour répondre aux exigences internationales de durabilité et de traçabilité.

Face à ces enjeux, l’ICCIG appelle les gouvernements, les régulateurs, les industriels, les distributeurs et les représentants des consommateurs à instaurer un dialogue structuré. L’organisation préconise la création d’un cadre permanent de concertation entre pays producteurs et acteurs de l’aval afin de mieux anticiper les transformations de la filière et d’en préserver l’équilibre.

Pour la Côte d’Ivoire et le Ghana, l’enjeu dépasse ainsi la seule composition des produits chocolatés. Il touche à la répartition de la valeur dans une filière dont les producteurs supportent une part croissante des contraintes environnementales et sociales. L’ICCIG entend donc défendre une chaîne de valeur dans laquelle les exigences imposées aux producteurs trouvent leur contrepartie dans une rémunération plus équitable et une information transparente du consommateur.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
332
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3