(Afriquesplus)- Près de 60 % du volume d’eau mis à disposition du réseau d’approvisionnement de Praia, la capitale du Cap-Vert, correspond à des pertes physiques et apparentes. C’est le constat dressé par Águas de Santiago (AdS), l’entreprise chargée de la distribution de l’eau, dans un contexte où la gestion des ressources hydriques représente un enjeu majeur pour l’archipel.
Dans un article publié le 12 octobre 2026, le média cap-verdien Expresso das Ilhas rapporte que l’entreprise a démantelé sept branchements illicites dans les quartiers de Palmarejo et de Vila Esperança, les 7 et 8 octobre.
Ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’opérations de contrôle menées par AdS en collaboration avec l’Agence de régulation multisectorielle de l’économie (ARME). Elles visent à prévenir les raccordements non autorisés et à protéger les infrastructures du système d’approvisionnement en eau.
Les branchements clandestins dans le viseur
Les opérations ont mobilisé les équipes d’Águas de Santiago ainsi que des consultants de Water Services Consulting and Management (WSCM). Elles ont été organisées à la suite d’une formation consacrée aux procédures de contrôle et de vérification des installations.
Pour AdS, les pertes enregistrées à Praia constituent un défi majeur, tant pour la viabilité économique et opérationnelle de l’entreprise que pour l’efficacité du service public de distribution d’eau.
Les branchements illicites représentent l’un des problèmes auxquels l’entreprise entend s’attaquer. Ils favorisent des consommations non autorisées et compliquent le suivi des volumes distribués, dans un système où les pertes peuvent résulter aussi bien de défaillances physiques des infrastructures que de consommations non comptabilisées.
Le démantèlement des sept raccordements clandestins constitue ainsi une étape dans les efforts visant à améliorer la gestion du réseau et à limiter les pertes.
Un enjeu économique et opérationnel
Les pertes d’eau ont des répercussions sur les coûts d’exploitation et la capacité des opérateurs à assurer un approvisionnement efficace. Lorsque des volumes importants d’eau produits ou mis en circulation n’atteignent pas les consommateurs dans des conditions normales de distribution ou ne sont pas correctement comptabilisés, la rentabilité du système s’en trouve fragilisée.
La réduction de ces pertes nécessite donc une action sur plusieurs fronts : surveillance des infrastructures, détection des fuites, contrôle des raccordements, amélioration de la comptabilisation des consommations et responsabilisation des usagers.
Le 9 octobre, les interventions de l’ARME ont également été suivies d’une séance de réflexion consacrée à l’application de la feuille de route pour la prévention, le contrôle et la réponse aux infractions dans les systèmes d’approvisionnement en eau.
Cette initiative vise à renforcer la coordination entre les acteurs concernés et à harmoniser les procédures de lutte contre les pratiques illégales.
La préservation de l’eau, une priorité pour le Cap-Vert
Dans un archipel particulièrement exposé à la rareté des ressources hydriques, la maîtrise des pertes constitue un enjeu essentiel pour la sécurité de l’approvisionnement. La réduction du gaspillage et l’amélioration de la gestion des réseaux peuvent contribuer à mieux valoriser les volumes disponibles.
Águas de Santiago affirme vouloir poursuivre les opérations de contrôle et améliorer ses procédures de gestion des pertes. L’entreprise appelle également les consommateurs à faire preuve de responsabilité et à collaborer à la protection des ressources en eau.
Si la lutte contre les branchements clandestins constitue un levier important, l’ampleur des pertes annoncées à Praia souligne la nécessité d’une approche globale, combinant la modernisation des infrastructures, le suivi des consommations et le renforcement des mécanismes de contrôle.