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Caroline Gueye questionne la valeur de l’or à la Biennale de Venise
À la 61e Biennale de Venise, l’artiste sénégalaise Caroline Gueye fait de l’or un objet de réflexion sur la perception et la valeur. Avec son installation immersive WURUS, elle invite les visiteurs à questionner ce qui détermine le prix des choses
 

(AfriquesPlus) - Et si la valeur de l’or tenait autant à notre regard qu’à la matière elle-même ? C’est la réflexion au cœur de WURUS, l’installation immersive de l’artiste sénégalaise Caroline Gueye au pavillon du Sénégal, à la 61e Biennale de Venise. Dans un entretien publié le 12 octobre 2026 par ART AFRICA Magazine, elle revient sur cette œuvre qui explore les liens entre perception, apparence et valeur.

Présentée au Palazzo Navagero, l’exposition transforme l’architecture du bâtiment en une composante essentielle de l’œuvre. Sous le commissariat de Massamba Mbaye, le parcours associe sculptures, jeux de lumière, miroirs et espaces plongés dans la pénombre. Les visiteurs doivent se déplacer pour découvrir les œuvres, dont l’apparence varie selon l’angle de vue, la distance et les reflets. L’expérience remet ainsi en question l’idée selon laquelle ce que nous voyons correspond nécessairement à une réalité stable et évidente.

Le choix des matériaux participe à cette réflexion. Caroline Gueye travaille notamment avec du laiton et un polymère bronze, capables d’évoquer visuellement l’or sans en posséder l’identité matérielle. Ce décalage entre apparence et substance constitue l’un des ressorts de WURUS : un objet peut sembler précieux sans être constitué du matériau auquel on associe traditionnellement sa valeur.

Formée à la physique fondamentale et à l’astrophysique, l’artiste mobilise également son intérêt pour les relations entre les objets, l’espace et les corps. Cette formation scientifique nourrit sa démarche sans que ses œuvres cherchent à illustrer directement des théories. Elle influence plutôt sa manière de concevoir l’espace comme un système dynamique, dans lequel les positions et les interactions modifient l’expérience de chacun.

Caroline Gueye explique par ailleurs pouvoir visualiser mentalement une installation dans son ensemble avant même sa réalisation. Pour WURUS, elle a ainsi imaginé l’agencement des salles, la disposition des sculptures et les déplacements du public, avant de traduire cette vision en plans et de la concrétiser avec les équipes de production.

Au-delà de l’or, l’exposition interroge les mécanismes par lesquels les sociétés attribuent une valeur économique, culturelle ou symbolique aux choses. Sans imposer une interprétation unique, l’artiste propose une expérience où le déplacement du regard devient un moyen de remettre en question les évidences et de comprendre combien notre perception dépend de la position depuis laquelle nous observons le monde.

 

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