(AfriquesPlus) - Le Quai d’Orsay a confirmé mardi 11 août l’ouverture d’une procédure disciplinaire visant Bruno Foucher, ambassadeur de France en Centrafrique. Le diplomate est accusé par Le Canard enchaîné d’avoir fait venir plusieurs dizaines de jeunes femmes dans ses appartements privés à Bangui, certaines pour des relations sexuelles.
« À l’initiative du ministère, une enquête administrative a été réalisée à Bangui en 2026. Dès réception des conclusions de cette mission, sur demande du ministre, le ministère a engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de l’Ambassadeur. Cette procédure est en cours », a indiqué le ministère français des Affaires étrangères, cité par l’AFP et BFM TV, sans fournir davantage de précisions sur les faits reprochés.
Dans un article à paraître mercredi, Le Canard enchaîné affirme que Bruno Foucher aurait reçu une trentaine de jeunes femmes dans ses appartements privés de la résidence diplomatique entre janvier 2024 et mars 2026. Selon l’hebdomadaire, ces visites auraient attiré l’attention des services chargés de la protection de l’ambassadeur, qui auraient signalé une faille de sécurité.
Une inspection menée en avril par le ministère français aurait ensuite conduit à l’ouverture de la procédure disciplinaire. Le Canard enchaîné, qui affirme avoir consulté le rapport d’inspection, évoque une quinzaine de visites par mois et indique que l’ambassadeur aurait également autorisé l’une de ces femmes à séjourner dans la résidence en son absence.
Interrogé à deux reprises, Bruno Foucher aurait reconnu, selon l’hebdomadaire, avoir eu des relations sexuelles avec deux jeunes femmes. Ces éléments sont rapportés par Le Canard enchaîné et n’ont pas été détaillés ni confirmés par le Quai d’Orsay.
La procédure disciplinaire est susceptible de déboucher sur différentes sanctions administratives. Selon BFM TV, celles-ci peuvent aller du simple blâme à la radiation de la fonction publique, en passant par la mise à la retraite d’office.
L’affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la diplomatie française en République centrafricaine, où l’influence russe s’est fortement développée ces dernières années. Des éléments liés à l’ex-groupe paramilitaire Wagner restent notamment présents dans le pays et assurent des missions de sécurité auprès du président Faustin-Archange Touadéra.
Les relations entre Paris et Bangui, longtemps marquées par de fortes tensions, connaissent toutefois un réchauffement depuis 2024. En mars 2026, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s’était rendu en Centrafrique et avait évoqué une « restauration complète des relations » entre les deux pays. Cette visite constituait le premier déplacement d’un responsable français de haut niveau à Bangui depuis 2018.
La procédure engagée contre Bruno Foucher intervient ainsi à un moment où la France cherche à consolider sa relation avec les autorités centrafricaines, dans un environnement régional marqué par la progression de l’influence russe.