(AfriquesPlus) - Cinq dirigeants influents du football africain ont adressé des messages de soutien au président fragilisé de la Fifa, Gianni Infantino, à quelques jours d'une réunion cruciale du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), selon un article de Mark Gleeson pour Reuters publié ce mardi 4 août 2026.
Alors que l'Asie, l'Europe et la Concacaf ont affirmé avoir perdu confiance dans son leadership, la CAF s'est jusqu'ici montrée réservée, laissant à Infantino l'espoir de pouvoir compter sur le soutien de ses membres en vue de l'élection présidentielle de mars prochain.
Parmi les figures ayant publiquement affiché leur appui figurent le vice-président de la CAF, le Marocain Fouzi Lekjaa, ainsi que d'autres membres du Conseil de la Fifa comme l'Égyptien Hany Abo Rida, le Nigérien Hamidou Djibrilla et le Mauritanien Ahmed Yhaya.
À ces voix s'ajoute celle de Veron Mosengo-Omba, récemment élu président de la fédération congolaise et ancien secrétaire général de la CAF, qui a étudié avec Infantino à l'université en Suisse. Selon Reuters, tous ont publié des messages similaires, saluant l'abandon du projet controversé de vente d'une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde, tout en réaffirmant leur soutien au dirigeant italo-suisse.
Cette solidarité s'enracine dans une relation financière ancienne. C'est en promettant de doubler les fonds de développement versés aux fédérations membres qu'Infantino avait obtenu le soutien du continent lors de son élection en 2016. Une largesse financière qui reste, selon Reuters, l'un des principaux ressorts de sa popularité persistante en Afrique, où de nombreuses fédérations dépendent largement de l'argent de la Fifa pour subsister.
Le président de la Fédération comorienne de football, Saïd Ali Athouman, résume crûment cette réalité : « notre problème, c'est comment obtenir de l'argent. Nous n'avons pas de sponsors ». Un constat partagé par son homologue malawite Fleetwood Haiya, pour qui « le Malawi a besoin d'argent, le Malawi a besoin de stades ».
Chaque fédération membre de la Fifa bénéficie d'un financement de base garanti de 8 millions de dollars sur un cycle de quatre ans, auquel s'ajoute désormais une subvention annuelle versée par la CAF elle-même.
Ce mécanisme avait été initié par son prédécesseur Sepp Blatter, qui avait remporté l'élection de 1998 grâce au soutien de la majorité des pays africains, séduits par la promesse d'un premier soutien financier de la Fifa. Infantino a repris l'idée sous un nouveau nom, FIFA Forward, en en augmentant considérablement les montants, au point que le président de la CAF, Patrice Motsepe, avait multiplié les éloges à son égard quelques jours à peine avant l'éclatement du scandale, le qualifiant d'« ami loyal » envers l'Afrique.