(AfriquesPlus) - Leur valeur est estimée à 9,7 millions de dollars. Financés par l'Usaid, l'agence américaine de développement, ces contraceptifs devaient rejoindre la République démocratique du Congo, le Kenya, la Tanzanie, la Zambie et le Mali. Ils sont pourtant immobilisés depuis plus d'un an dans des entrepôts belges, sur décision des États-Unis, comme le rapporte Alix Le Bourdon dans Le Monde du 3 octobre 2026.
Pour justifier ce blocage, le département d'État américain qualifie ces produits d'« abortifs » et invoque la « politique de Mexico », qui interdit de financer des ONG étrangères liées à l'avortement.
La Belgique a tenté de débloquer la situation en proposant de reprendre la partie utilisable du stock, sous conditions de qualité et de transparence et à condition que les produits parviennent bien aux pays destinataires. Selon le cabinet du ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, cité par le quotidien français, « aucune réponse n'a été reçue des autorités américaines ».
« Ça s'apparente à une prise d'otages », dénonce Heleen Heysse, du Centre flamand d'expertise sur la santé sexuelle (Sensoa). Une partie des contraceptifs reste utilisable jusqu'en 2028, voire 2031. Mais certains pays de destination refusent d'importer des médicaments dont la durée de conservation est trop courte. « C'est maintenant ou jamais », avertit-elle.
La Belgique dispose de peu de moyens d'action. Les contraceptifs restent la propriété des États-Unis, et ils sont protégés par l'immunité des États, puisqu'ils relèvent d'une activité souveraine et non commerciale. « On voit mal, très franchement, ce que la Belgique serait en droit de faire », résume Pierre d'Argent, professeur de droit international à l'UCLouvain, interrogé par Le Monde.