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Égypte antique, la vieille querelle de la couleur de peau refait surface
Réalisée place Tahrir pour la visite de Xi, une peinture murale a disparu sous une couche de blanc à quelques heures de son arrivée. En cause, des souverains au teint sombre qui ont relancé au Caire la querelle sur les origines de l'Égypte antique
 

(AfriquesPlus) - Elle mesurait 66 mètres de long et n'aura pas survécu jusqu'à l'arrivée de son invité d'honneur. Peinte place Tahrir, au Caire, la fresque représentait le pharaon Toutânkhamon et la reine Néfertiti. Elle faisait partie des 40 œuvres commandées pour embellir la ville en vue de la visite d'État du président chinois Xi Jinping, le mois dernier. Quelques heures avant l'atterrissage du dirigeant chinois, elle avait disparu sous une couche de peinture fraîche. L'histoire est racontée par Hanaa Hammad dans le Guardian du 2 octobre 2026.

Le problème venait de la couleur de peau des deux figures, représentées avec un teint foncé. Une partie des Égyptiens y a vu une reprise des thèses afrocentristes sur les origines du pharaon, et la polémique a enflé sur les réseaux sociaux.

Ahmed Moussa, 22 ans, fondateur du collectif de jeunes bénévoles Rasmet Basma, a admis que c'est le gouvernorat du Caire qui lui a demandé de recouvrir l'œuvre. Ses équipes avaient utilisé ChatGPT pour concevoir les motifs, avant de les peindre sur le mur. Il assure que l'effet n'était pas voulu. Selon lui, l'équipe avait choisi une teinte bronze doré qui projetait la nuit « une sorte d'ombre sur les visages », les faisant paraître foncés. « Nous reconnaissons notre erreur de ne pas avoir consulté des spécialistes », concède-t-il.

L'ancien ministre des Antiquités Zahi Hawass juge l'indignation du public justifiée. Pour lui, les affirmations qui relient la civilisation égyptienne antique à l'Afrique subsaharienne sont tout simplement « absurdes ».

L'égyptologue Monica Hanna, professeure adjointe d'archéologie à l'Université américaine d'Irak à Bagdad, qualifie elle aussi ces thèses de « pseudoscience ». Mais elle rappelle que la société égyptienne a toujours été diverse, des communautés nubiennes du Sud aux populations méditerranéennes du Nord. « Les Égyptiens n'ont jamais eu une seule couleur de peau », souligne-t-elle.

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