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Éthiopie : l’armée fédérale reprend deux villes du Tigré, les tensions avec l’Érythrée s’accentuent
Les forces fédérales éthiopiennes ont repris Shire et Adigrat aux combattants tigréens, dans un contexte d’escalade militaire et diplomatique avec l’Érythrée voisine.
 

(Afriquesplus)- L’armée fédérale éthiopienne poursuit son offensive dans la région du Tigré, au nord du pays. Selon l’Agence de presse africaine (APA), qui a recueilli des témoignages sur place le 12 octobre, les forces gouvernementales ont repris le contrôle des villes de Shire et d’Adigrat, tandis que les combattants du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) poursuivent leur repli vers les zones proches de la frontière érythréenne.

À Shire, les forces gouvernementales sont entrées dans la ville vendredi après-midi sans rencontrer de résistance, les combattants rebelles ayant quitté les lieux auparavant. Plusieurs habitants ont indiqué à l’APA que les combattants du TPLF et l’administration locale avaient abandonné la ville dès mercredi.

La situation reste toutefois préoccupante. Des commerces demeurent fermés et des habitants se sont organisés dans leurs quartiers pour assurer eux-mêmes la sécurité et prévenir les pillages. Selon des témoignages rapportés par l’agence, quatre personnes auraient été tuées lors d’échanges de tirs liés à des incidents de pillage.

Les combattants tigréens en repli

La progression des forces fédérales s’accompagne d’un recul territorial des combattants du TPLF. D’après un responsable d’une faction dissidente du mouvement, les combattants se replieraient désormais vers Sheraro, une localité située à proximité de la frontière avec l’Érythrée.

Les opérations militaires se déroulent également dans un environnement marqué par la présence présumée de troupes érythréennes sur le territoire éthiopien. Selon des témoins et un observateur du conflit cités par l’APA, des soldats érythréens auraient été aperçus ces derniers jours à Adigrat avant d’être visés par des frappes de drones attribuées à l’armée éthiopienne.

Cette situation nourrit les inquiétudes quant à une extension du conflit au-delà des affrontements entre les forces fédérales et les combattants tigréens. Les autorités éthiopiennes accusent en effet l’Érythrée de soutenir les rebelles du Tigré, lesquels auraient lancé de nouvelles attaques contre les forces fédérales au cours du mois précédent.

 Une crise régionale aux conséquences incertaines

Les relations entre Addis-Abeba et Asmara se sont fortement dégradées. Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques la semaine précédant la publication de l’article de l’APA. Une source sécuritaire étrangère, citée par l’agence, estime entre 5 000 et 8 000 le nombre de soldats érythréens présents dans la région du Tigré.

Ces informations interviennent dans un contexte de tensions anciennes entre les deux voisins, dont les relations ont été marquées par plusieurs épisodes de confrontation. Les accusations de présence militaire érythréenne en Éthiopie font craindre une nouvelle escalade dans une région encore fragilisée par les conséquences de la guerre du Tigré de 2020 à 2022.

Les informations concernant les mouvements de troupes et les opérations militaires reposent toutefois en partie sur des témoignages et des sources sécuritaires, qui ne permettent pas toujours de vérifier indépendamment l’ensemble des faits rapportés.

Les liaisons aériennes reprennent vers Mekelle

Malgré les combats, certains signes de reprise des activités apparaissent dans la région. Ethiopian Airlines a annoncé le rétablissement de ses vols vers Mekelle, capitale régionale du Tigré, à compter du dimanche 11 octobre.

Cette reprise intervient après l’avancée des forces fédérales et la prise de contrôle de la ville, principal centre politique et administratif de la région. Elle pourrait faciliter les déplacements et contribuer progressivement au rétablissement des liaisons avec le reste du pays, même si la situation sécuritaire demeure instable.

Un responsable d’une faction dissidente du TPLF a également indiqué que certains combattants abandonnaient les rangs du mouvement pour retourner dans leurs villages. Cette évolution pourrait témoigner des difficultés rencontrées par les forces rebelles face à la progression de l’armée fédérale, sans pour autant permettre de conclure à une fin imminente des hostilités.

L’évolution de la situation dépendra notamment de la capacité des forces gouvernementales à consolider leurs positions, du devenir des combattants tigréens et de l’évolution des tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée. Dans cette région stratégique de la Corne de l’Afrique, une nouvelle confrontation entre les deux États risquerait d’aggraver l’instabilité et de compromettre les perspectives de retour à la paix.

 

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