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FIFA, après son revers, Gianni Infantino confronté à une contestation sans précédent
Le retrait du projet d'ouverture aux investisseurs privés n'a pas suffi à désamorcer la crise. Une partie des dirigeants de la FIFA envisage désormais une offensive contre Gianni Infantino
 

(Afriques.com) – Le retrait, vendredi, du projet de Gianni Infantino visant à ouvrir les compétitions mondiales de la FIFA à des investisseurs privés n'a pas mis fin à la crise qui secoue l'organisation. Bien au contraire, selon les informations rapportées notamment par The Times, The Guardian et relayées par Mediapart, la contestation prend désormais une dimension politique susceptible d'ébranler durablement le président de la FIFA.

Les adversaires du dirigeant italo-suisse ne se contentent plus de dénoncer son initiative. Ils chercheraient désormais à obtenir la convocation d'une assemblée générale extraordinaire, une procédure qui pourrait ouvrir la voie à une remise en cause directe de son leadership. Pour aboutir, cette démarche suppose de rallier au moins dix-neuf des trente-sept membres du Conseil de la FIFA. L'UEFA et la Concacaf, moteurs de cette offensive, disposent déjà de quatorze voix. Les fédérations asiatiques apparaissent désormais comme les arbitres potentiels de cette bataille institutionnelle.

La situation d'Infantino est d'autant plus délicate que les critiques viennent désormais de son propre entourage. Vendredi, Carlos Cordeiro, l'un de ses principaux conseillers et ancien président de la fédération américaine, a annoncé son départ, estimant que le projet abandonné constituait une mauvaise opération pour le football mondial.

Dans le même temps, le directeur général de la FIFA, Kevin Lamour, a publiquement pris ses distances. Dans des déclarations rapportées par l'agence Associated Press, il a dénoncé une initiative imposée par « un seul homme » et regretté un climat de gouvernance marqué, selon lui, par « le mépris et l'intimidation ». Il s'est même déclaré prêt à assumer les conséquences de cette prise de position, y compris si elle devait lui coûter son poste.

Sur le plan international, Gianni Infantino conserve néanmoins quelques appuis. Parmi eux figure Donald Trump, qui ne siège toutefois dans aucune instance décisionnelle de la FIFA. Les liens entre l'ancien président américain et le projet abandonné ont alimenté les interrogations, le fonds d'investissement envisagé étant dirigé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner. Cette proximité s'inscrit dans une relation ancienne entre les deux hommes, Infantino ayant notamment soutenu à plusieurs reprises l'idée d'attribuer un prix Nobel de la paix à Donald Trump.

Le président de la FIFA continue surtout de s'appuyer sur les fédérations africaines et sud-américaines, dont le soutien a largement contribué à ses réélections successives. Depuis plusieurs années, cette alliance repose sur une politique d'élargissement des compétitions internationales et d'augmentation des financements accordés aux fédérations nationales, une stratégie qui lui a permis de consolider sa majorité.

Rien ne garantit toutefois que cet équilibre résistera durablement à la crise actuelle. Même en cas d'échec d'une éventuelle procédure de destitution, l'avenir d'Infantino pourrait se jouer lors du congrès électif prévu en mars 2027, où il ambitionne de briguer un quatrième mandat.

L'UEFA, présidée par Aleksander Ceferin, a déjà donné le ton. Dans un communiqué publié samedi, l'organisation européenne a estimé que le véritable défi consistait désormais à « rétablir la confiance envers la FIFA », laissant entendre que le retrait du projet controversé ne constitue qu'une première étape.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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