Le projet controversé de société commerciale porté par Gianni Infantino continue de provoquer des remous au sein de la FIFA. Alors que l’initiative a finalement été abandonnée, plusieurs salariés de l’instance expriment, sous couvert d’anonymat, leur colère et leur incompréhension face au maintien du président à son poste.
Le malaise ne retombe pas à la FIFA. Quelques jours après l’abandon du projet controversé de création d’une société commerciale ouverte à des investisseurs privés, la colère et l’incompréhension gagneraient du terrain parmi les salariés de l’instance mondiale du football.
Selon des témoignages recueillis par Le Monde, plusieurs employés ne cachent plus leur profonde gêne face à la situation. L’un d’eux, s’exprimant sous couvert d’anonymat, aurait résumé l’état d’esprit interne par une formule particulièrement brutale : « On est fous. Au secours ! »
Le projet porté par Gianni Infantino avait suscité une vive controverse avant d’être finalement abandonné le 1er août. Mais cette décision n’a pas mis fin aux tensions internes.
Un changement de ton qui interroge
Le comportement du secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafström, alimente notamment les interrogations.
Dans un courriel adressé aux employés le 4 août, Grafström semblait prendre ses distances avec le projet et avec la période de turbulences que traverse l’organisation.
Il écrivait notamment que « les individus, les périodes d’instabilité et les épisodes malheureux passent », tandis que l’institution, sa mission et sa responsabilité envers le football mondial demeurent.
Cette prise de distance apparente a été suivie, dès le lendemain, par un changement de ton spectaculaire.
À l’issue d’une réunion de crise à Rabat, la FIFA a publié un communiqué réaffirmant son « plein soutien » à Gianni Infantino. Le secrétaire général ainsi que l’administration de la FIFA ont également apporté leur soutien au président.
Un revirement qui aurait profondément surpris plusieurs salariés.
Des employés sous le choc
Pour certains employés interrogés anonymement, ce changement de position est difficile à comprendre.
L’un d’eux confie ainsi : « C’est dingue, je suis dégoûté », illustrant le malaise provoqué par les derniers développements.
La controverse dépasse donc désormais la seule question du projet de société commerciale. Elle touche directement la gouvernance de la FIFA et la confiance des salariés envers sa direction.
Alors que le projet controversé a été abandonné, la question demeure : Gianni Infantino peut-il continuer à diriger sereinement l’organisation après cette crise ?
Pour l’heure, malgré les critiques et les témoignages de malaise en interne, le président de la FIFA conserve le soutien affiché de la direction de l’institution.
Mais les réactions recueillies auprès des salariés montrent que la crise de confiance, elle, semble loin d’être terminée.