(AfriquesPlus) - Longtemps perçue comme une simple source de soutien financier aux familles restées au pays, la diaspora africaine pourrait devenir un acteur majeur du financement du développement. C’est le pari défendu par Seth Terkper, ancien ministre ghanéen des Finances et actuel conseiller économique de la présidence, qui appelle Accra à repenser l’usage des transferts de fonds venus de l’étranger.
Dans un article publié le 6 août 2026, le média ghanéen MyJoyOnline rapporte les propos de Seth Terkper lors du lancement de l’initiative « Region 17 », consacrée au rôle de la diaspora dans la transformation économique du Ghana. Pour l’ancien ministre, les milliards envoyés chaque année par les Ghanéens de l’étranger ne doivent plus être considérés uniquement comme des ressources destinées à la consommation des ménages, mais comme un levier d’investissement et de création de valeur.
« Nous devons analyser la nature des transferts de fonds et la manière dont ils peuvent bénéficier au développement du Ghana », a-t-il déclaré.
Cette réflexion intervient dans un contexte international marqué par un accès plus difficile aux financements extérieurs traditionnels. Comme le souligne MyJoyOnline, Seth Terkper estime que les pays africains engagés dans une trajectoire de croissance doivent désormais renforcer leurs propres capacités de financement et réduire leur dépendance aux prêts concessionnels et à l’aide internationale.
Le Ghana, comme plusieurs économies africaines, cherche ainsi à transformer une ressource déjà considérable en véritable outil de politique économique. Les transferts de la diaspora contribuent aujourd’hui au financement du logement, des petites entreprises, de l’investissement privé et à la circulation des compétences. Mais leur potentiel reste encore largement inexploité, faute de dispositifs permettant de canaliser davantage ces flux vers des projets productifs.
« Les transferts de la diaspora contribuent déjà de manière significative au logement, à l’entrepreneuriat, à l’investissement et au transfert de compétences », rappelle Seth Terkper, cité par MyJoyOnline.
L’ancien ministre a également évoqué les conséquences de la crise économique traversée récemment par le Ghana, notamment la restructuration de la dette et la perte de confiance des investisseurs. Selon lui, la mobilisation de la diaspora passe nécessairement par un environnement économique plus stable et par des politiques publiques capables de restaurer la crédibilité du pays.
Le Ghana doit « reconstruire la confiance » grâce à « une gestion économique cohérente et des politiques crédibles ».
Au-delà du cas ghanéen, cette réflexion rejoint un débat plus large sur la place des diasporas africaines dans le développement du continent. Plusieurs pays cherchent aujourd’hui à transformer leurs communautés expatriées en partenaires économiques, en s’appuyant sur leurs capitaux, leurs réseaux professionnels et leurs compétences.
Pour Seth Terkper, l’expérience de plusieurs « Lions africains » montre qu’une croissance durable est possible lorsque les États parviennent à mobiliser efficacement leurs ressources internes et celles de leurs citoyens établis à l’étranger.
La question posée par le Ghana dépasse donc la seule gestion des transferts d’argent : elle interroge la capacité des États africains à considérer leur diaspora non plus comme une population extérieure, mais comme une extension stratégique de leur économie.