(AfriquesPlus) – La baisse des prix du carburant au Ghana aurait pu être plus importante si le cedi avait maintenu sa stabilité face aux principales devises, estime l’Institute for Energy Security (IES). Malgré l’intervention du gouvernement pour amortir la hausse des cours mondiaux du pétrole, l’affaiblissement de la monnaie nationale continue de limiter les économies réalisées par les automobilistes à la pompe.
JoyNews, dans un article publié le 3 août 2026 par Emma Ankrah, rapporte que l’évolution du taux de change demeure l’un des principaux déterminants des prix des produits pétroliers au Ghana, au même titre que les fluctuations du marché international du brut. Derek Emmanuel Xatse, analyste principal chargé de la recherche et des politiques à l’IES, estime qu’un cedi plus solide aurait permis une baisse plus marquée des prix à la pompe.
Le gouvernement ghanéen a récemment introduit une subvention de 2 cedis par litre sur le diesel afin de réduire l’impact de la hausse des cours internationaux sur les consommateurs. Cette mesure apporte un soutien immédiat aux usagers, mais ses effets sont partiellement absorbés par la dépréciation persistante du cedi.
Intervenant lundi 3 août sur l’émission Top Story de Joy FM, Derek Emmanuel Xatse a souligné que la monnaie ghanéenne s’était dépréciée au cours des dernières semaines. Selon lui, cette évolution prive les consommateurs d’une partie des baisses de prix qui auraient pu être répercutées sur les différents points de vente de carburant.
Cette vulnérabilité s’explique notamment par la forte dépendance du Ghana aux importations de produits pétroliers. Lorsque le cedi perd de sa valeur, le coût des importations augmente en monnaie locale, ce qui exerce mécaniquement une pression à la hausse sur les prix payés par les consommateurs, même lorsque les cours internationaux du pétrole évoluent dans un sens plus favorable.
Pour l’IES, la subvention constitue donc une réponse utile à court terme, mais elle ne suffit pas à neutraliser durablement les effets des fluctuations du marché pétrolier et du taux de change. Une monnaie nationale plus stable permettrait de préserver davantage les gains liés à une éventuelle détente des cours mondiaux.
Derek Emmanuel Xatse appelle ainsi le gouvernement à inscrire la stabilisation du cedi dans une stratégie plus large de protection des consommateurs. À ses yeux, la maîtrise des facteurs macroéconomiques reste essentielle pour éviter que les ménages et les entreprises ne subissent à répétition les conséquences des chocs sur les marchés énergétiques.
L’analyste estime également que l’État devra continuer à mobiliser des ressources pour amortir les conséquences des hausses du coût des carburants. Mais cette intervention budgétaire ne saurait constituer, à elle seule, une solution durable face aux variations du prix du pétrole et aux mouvements du taux de change.
Le débat sur les prix des carburants au Ghana met ainsi en évidence une double dépendance : celle du pays aux importations de produits pétroliers et celle du coût de ces importations à la stabilité de sa monnaie. Pour l’IES, une amélioration durable du pouvoir d’achat des consommateurs passe donc autant par la gestion du marché énergétique que par la consolidation des équilibres macroéconomiques.