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La CAF perd un contrat d’un milliard de dollars
Le nouveau calendrier de la CAN a réduit la valeur commerciale de la compétition aux yeux des diffuseurs et des sponsors. En passant de quatre éditions à deux seulement sur une période de huit ans, l’offre de la CAF est devenue moins attractive
 

(AfriquesPlus) - Dans un article d’analyse publié ce 7 août 2026 dans The Guardian, le journaliste Osasu Obayiuwana révèle que la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de modifier le calendrier de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), en passant d’une organisation tous les deux ans à une périodicité de quatre ans, aurait provoqué l’abandon d’un accord commercial évalué à plus d’un milliard de dollars sur une période de huit ans.

L’enquête du journaliste britannique spécialisé dans les questions de gouvernance du football africain montre que la CAF était proche de conclure un partenariat majeur destiné à sécuriser ses revenus commerciaux à long terme. Mais le changement de format de la compétition phare du continent a bouleversé les négociations avec les potentiels investisseurs.

Selon Osasu Obayiuwana, le nouveau calendrier de la CAN a réduit la valeur commerciale de la compétition aux yeux des diffuseurs et des sponsors. En passant de quatre éditions à deux seulement sur une période de huit ans, l’offre de la CAF est devenue moins attractive pour les partenaires économiques. « Un accord garantissant au moins 1 milliard de dollars de revenus sur huit ans a été abandonné par la Confédération africaine de football parce que l’organisation a décidé de passer la Coupe d’Afrique des nations d’une compétition organisée tous les deux ans à un événement quadriennal », écrit le journaliste du Guardian.

Cette révélation intervient alors que le président de la CAF, Patrice Motsepe, avait annoncé en juillet 2025 l’existence d’un important projet de partenariat commercial. À Rabat, à la veille de la Coupe d’Afrique des nations féminine, il avait affirmé que l’organisation avançait vers un accord financier historique. La CAF évoquait alors un partenariat pouvant atteindre un milliard de dollars sur huit ans.

Mais quelques mois plus tard, le comité exécutif de l’instance africaine a décidé de modifier profondément le calendrier de la CAN. Réuni le 20 décembre 2025, il a adopté le principe d’une CAN organisée tous les quatre ans, afin de mieux l’intégrer au calendrier international des compétitions.

Luxolo September, responsable de la communication de la CAF, explique que cette décision a contraint l’organisation à revoir entièrement son dispositif commercial. Dans des propos rapportés par The Guardian, il indique : « Cette décision du comité exécutif a constitué un changement majeur pour le football africain. Elle a modifié de manière importante l’étendue des droits commerciaux disponibles, avec pour conséquence que le processus d’appel d’offres de 2025 ne pouvait plus continuer sous sa forme initiale. »

La CAF a depuis lancé une nouvelle procédure d’appel d’offres pour les droits marketing et commerciaux des éditions 2028, 2032 et 2036 de la CAN. Les candidats ont jusqu’au 24 août 2026 pour déposer leurs propositions. Cette nouvelle stratégie tranche avec celle de 2025, où l’ensemble du portefeuille des compétitions de la CAF devait être vendu dans un seul package commercial.

Dans son analyse, Osasu Obayiuwana rappelle également que cette situation intervient après plusieurs années d’incertitudes financières pour l’instance dirigeante du football africain. La CAF n’a plus disposé depuis 2019 d’un accord commercial de long terme garantissant sa stabilité financière.

L’auteur revient notamment sur le contrat historique signé avec la société française Lagardère sous la présidence d’Issa Hayatou. Cet accord, conclu en 2016, prévoyait un minimum garanti de revenus très important pour la CAF. Il avait cependant été rompu unilatéralement en décembre 2019 sous la présidence d’Ahmad Ahmad, entraînant un conflit juridique international. La CAF avait finalement versé 50 millions de dollars à Lagardère pour mettre fin au contentieux.

L’article rappelle que cette rupture a privé l’organisation d’une visibilité financière durable. Pour certains responsables du football africain, la réforme du calendrier de la CAN risque désormais de réduire encore davantage les marges économiques de la compétition.

Un ancien président de fédération cité par The Guardian résume cette inquiétude : « Aucun sponsor ne sera prêt à payer le même montant pour un accord où il aurait normalement quatre CAN sur une période de huit ans, alors qu’il n’en aura désormais plus que deux. C’est une évidence sur le plan économique. »

L’analyse d’Osasu Obayiuwana met ainsi en lumière une contradiction stratégique pour la CAF. En alignant la CAN sur le calendrier international de la FIFA et en évitant les conflits avec d’autres grandes compétitions mondiales, l’organisation cherche à renforcer la reconnaissance internationale de son tournoi. Mais cette évolution pourrait aussi affaiblir l’un de ses principaux moteurs économiques.

Au-delà du changement sportif, la réforme du calendrier de la CAN pose donc une question plus large sur le modèle économique du football africain : comment garantir une meilleure intégration dans l’écosystème mondial tout en préservant les ressources financières nécessaires au développement des fédérations, des infrastructures et des compétitions continentales ?

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