(AfriquesPlus) - Le Nigeria cherche à mieux orienter l’épargne de sa diaspora vers le financement du logement. Dans un article publié ce 13 août 2026, l’Agence Ecofin, et écrit par Charlène N’dimon, rapporte le lancement par la Federal Mortgage Bank of Nigeria (FMBN) d’un nouveau dispositif de crédit immobilier destiné aux Nigérians établis à l’étranger.
Baptisé « NHF Diaspora Mortgage Loan », le programme permet aux Nigérians de la diaspora éligibles au National Housing Fund (NHF) de solliciter un prêt immobilier à distance, sans avoir à se déplacer au Nigeria. Le financement peut atteindre 100 millions de nairas, soit un peu plus de 73 000 dollars, avec un taux d’intérêt annoncé de 9 % et une durée de remboursement pouvant aller jusqu’à dix ans. Les procédures d’inscription et de demande doivent être réalisées en ligne.
Pour les autorités nigérianes, l'enjeu dépasse l'accès individuel à la propriété. Le dispositif vise également à renforcer le financement du secteur immobilier, à stimuler la construction et à soutenir l'emploi. Il s'inscrit dans une politique plus large destinée à mobiliser les ressources de la diaspora au service de l'économie nationale.
« Le programme permet aux contributeurs éligibles au National Housing Fund (NHF) d’obtenir des prêts allant jusqu’à 100 millions de nairas (73 403 dollars), à un taux d’intérêt de 9 %, avec une durée de remboursement pouvant atteindre 10 ans. Les démarches d’inscription et de demande de financement peuvent être effectuées en ligne depuis l’étranger », rapporte l’Agence Ecofin.
Une diaspora déjà très présente dans l'immobilier
Cette nouvelle facilité s'appuie sur un poids financier déjà considérable de la diaspora nigériane. Selon les données de la Banque centrale du Nigeria (CBN) citées par l’Agence Ecofin, les transferts de fonds envoyés par les Nigérians vivant à l'étranger ont atteint 21,806 milliards de dollars en 2025, contre 21,811 milliards un an plus tôt.
Une partie de ces ressources alimente déjà le marché immobilier, notamment à travers le financement de projets résidentiels. L’Agence Ecofin cite à ce propos une étude de Jodoa Properties, spécialisée dans le conseil immobilier, qui souligne le rôle croissant des capitaux de la diaspora dans le développement de nouvelles constructions.
Le gouvernement cherche parallèlement à élargir l'accès au financement immobilier sur le marché intérieur. Le programme Renewed Hope Housing prévoit notamment des mécanismes de crédit à des conditions préférentielles, avec des prêts hypothécaires à 6 % et des dispositifs de location-accession.
« Les transferts de fonds et les investissements de la diaspora contribuent au financement du marché immobilier nigérian », souligne l’Agence Ecofin, qui présente ces flux comme une composante importante du financement du secteur du logement.
Le poids économique de l'immobilier renforce l'intérêt de cette stratégie. D'après les données du National Bureau of Statistics (NBS) reprises dans l'article, les activités immobilières représentaient 13,10 % du PIB nigérian au premier trimestre 2026.
Abuja veut aussi accroître les transferts
La politique immobilière s'accompagne d'une volonté plus large de faciliter les opérations financières de la diaspora et d'augmenter les transferts vers le Nigeria. La CBN ambitionne ainsi de porter les transferts mensuels à environ 1 milliard de dollars d'ici la fin de 2026, contre plus de 600 millions actuellement.
Pour y parvenir, la banque centrale mise notamment sur le « Non-Resident BVN », qui permet aux Nigérians résidant à l'étranger d'obtenir à distance leur identifiant bancaire et d'effectuer certaines opérations financières sans rentrer au pays.
« Le marché immobilier bénéficie par ailleurs de plusieurs mesures publiques destinées à stimuler l’offre de logements et l’accès au financement », relève l’Agence Ecofin, dans un contexte où Abuja cherche à transformer davantage les ressources de sa diaspora en investissements durables.
À travers le crédit hypothécaire à distance, le Nigeria tente ainsi de passer d'une logique fondée principalement sur les transferts de consommation à une mobilisation plus structurée du capital de sa diaspora. Le logement apparaît comme l'un des principaux secteurs permettant de convertir ces flux financiers en actifs, en emplois et en activité économique.