(AfriquesPlus) - La République démocratique du Congo a disputé le Mondial 2026, et y a été éliminée en seizièmes de finale par l'Angleterre. Elle n'aurait peut-être jamais dû y participer. Dans une enquête publiée le 6 octobre 2026 dans Le Monde, Rémi Dupré affirme, documents internes à l'appui, que la FIFA n'a pris aucune sanction après l'alignement d'un joueur congolais inéligible lors de plusieurs matchs qualificatifs. Elle aurait ainsi ignoré son propre code disciplinaire, sa jurisprudence et l'avis de ses juristes.
Le joueur en question est le gardien Lionel Mpasi. Franco-congolais, il a disputé « au moins cinq rencontres avec l'équipe de France » chez les jeunes, selon les juristes de la FIFA. La Fédération congolaise de football (Fecofa) a bien lancé en 2021 la procédure pour qu'il change de sélection, mais le processus ne s'est « jamais terminé ». La RDC l'a donc aligné sans l'autorisation de l'instance internationale, notamment lors du barrage remporté contre le Nigeria.
Les juristes de la FIFA l'ont découvert en mars, et ils mesuraient les conséquences. Sans ces matchs, écrivent-ils, « le Burkina Faso (et non la RDC) se serait qualifié pour le barrage africain ». Ils ont recommandé d'ouvrir d'office une procédure disciplinaire, de suspendre le gardien pour six mois, et soit de déclarer le match perdu par forfait, soit de retirer six points à la RDC pour les qualifications du Mondial 2030.
La jurisprudence allait dans ce sens. L'Afrique du Sud avait ainsi perdu sur tapis vert son match contre le Lesotho, après avoir aligné Teboho Mokoena, déclaré inéligible en mars 2025. Pourtant, rien n'a été fait. La plainte de la Fédération nigériane a été jugée irrecevable pour des raisons de forme et de délai, et les fédérations lésées n'auraient même pas été informées de l'inéligibilité du gardien. La FIFA « rejette catégoriquement toute suggestion selon laquelle le président de la FIFA interviendrait » dans ces procédures.
Le Monde avance une explication. Véron Mosengo-Omba, ami proche de Gianni Infantino depuis leurs études de droit à Fribourg, ancien directeur de sa campagne de 2016 puis secrétaire général de la CAF, convoitait alors la présidence de la Fecofa. Le 20 mai, il a été élu à sa tête, seul candidat en lice. Le jour même, le président de la FIFA lui a écrit : « Tu peux compter sur mon soutien personnel et sur l'aide de la FIFA. »
Ni Lionel Mpasi, ni la Fecofa, ni Véron Mosengo-Omba n'ont répondu aux sollicitations du quotidien.