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Le Brief d’AfriquesPlus du lundi 5 octobre 2026
Tigré : la reprise de Makalé fait craindre un nouvel embrasement régional, l’Afrique du Sud face au ralentissement économique, le Nigeria déjà tourné vers 2027 et la RDC toujours sous la menace d’Ebola
 

(AfriquesPlus) - La presse africaine et internationale de ce lundi 5 octobre 2026 est largement dominée par les tensions dans la Corne de l’Afrique, où la reprise de **Makalé, capitale du Tigré, par les forces fédérales éthiopiennes** fait redouter une nouvelle guerre ouverte. En Afrique du Sud, l’économie donne de nouveaux signes de faiblesse, tandis qu’au Nigeria les débats sur le coût de la vie, les carburants et la présidentielle de 2027 occupent une place croissante. En RDC, l’épidémie d’Ebola continue de peser lourdement sur l’actualité. Au Sahel, les pays de l’AES poursuivent leur dynamique politique et sécuritaire dans un contexte marqué par la persistance de la menace jihadiste.

 Éthiopie : la reprise de Makalé ravive le spectre d’une nouvelle guerre

C’est sans doute le dossier africain le plus sensible de la journée. La presse internationale revient largement sur la reprise de Makalé, capitale du Tigré, par les forces gouvernementales éthiopiennes et leurs alliés.

Selon Associated Press, les forces favorables au gouvernement ont repris le contrôle de la capitale régionale après le retrait du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Le mouvement tigréen avait récemment repris la ville et son aéroport avant d’annoncer son retrait afin d’éviter de nouvelles destructions. 

La situation est particulièrement préoccupante parce qu’elle intervient après la reprise des combats dans le nord du pays, alors que la guerre de 2020-2022 avait fait des dizaines de milliers de victimes et débouché sur un accord de paix.

Reuters souligne que la reprise de Makalé constitue un sérieux revers pour les forces tigréennes et intervient dans un contexte régional de plus en plus tendu. 

La crise dépasse désormais largement les frontières de l’Éthiopie. Les relations entre Addis-Abeba, Asmara et Le Caire se sont fortement dégradées. L’Éthiopie accuse notamment l’Érythrée, l’Égypte et le Soudan de soutenir ses adversaires, ce que ces pays démentent.

Le risque est désormais celui d'une internationalisation de la crise du Tigré, avec en toile de fond les rivalités autour de la mer Rouge, de l'accès éthiopien aux ports et du partage des eaux du Nil.

 Égypte : Le Caire tente de contenir la crise de la Corne

L’Égypte se retrouve au centre de cette nouvelle séquence diplomatique.

Un sommet réunissant à El-Alamein les dirigeants égyptien, érythréen, somalien et soudanais s’est conclu par un appel au règlement pacifique des différends régionaux. Les quatre dirigeants ont insisté sur la nécessité du dialogue alors que les combats s’intensifient en Éthiopie et que la guerre au Soudan se poursuit. [

Le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé à privilégier « le dialogue, et non la confrontation », alors que les accusations croisées entre les différents protagonistes se multiplient. [Taipei 

Pour Le Caire, la question éthiopienne revêt une importance stratégique particulière. Le dossier du Grand barrage de la Renaissance (GERD) demeure au cœur des préoccupations égyptiennes, tandis que la dégradation des relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée fait de la Corne de l’Afrique un espace de plus en plus instable.

Le quotidien Le Monde, dans son édition du jour, place également la reprise de Makalé au centre de son actualité africaine, soulignant les risques d’un conflit régional dans la Corne. [Le 

 Érythrée : Asmara retrouve une importance stratégique

Dans ce contexte, Reuters consacre également un important reportage à l’Érythrée, pays longtemps considéré comme l’un des plus isolés du continent.

L’agence souligne que la guerre au Moyen-Orient et les tensions autour des routes maritimes de la mer Rouge donnent une nouvelle importance géostratégique aux quelque 1 000 kilomètres de côtes érythréennes. Asmara pourrait ainsi bénéficier d’un regain d’intérêt de la part de puissances étrangères. 

Mais cette ouverture potentielle intervient alors que l’Érythrée reste confrontée à de fortes critiques concernant le service national obligatoire, les libertés politiques et l’absence d’élections nationales depuis l’indépendance.

La tension avec l’Éthiopie reste cependant la principale source d’inquiétude. Les deux pays ont récemment rompu leurs relations diplomatiques, accentuant encore les risques d'escalade dans la région.

 Afrique du Sud : l’économie montre de nouveaux signes de faiblesse

En Afrique du Sud, la principale alerte du jour est économique.

Selon Reuters, le secteur privé sud-africain s’est contracté en septembre à son rythme le plus rapide depuis décembre. L’indice PMI de S&P Global est passé de 50,5 en août à 49,0 en septembre, repassant ainsi sous le seuil de 50 qui sépare croissance et contraction. 

Le recul des nouvelles commandes, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la hausse des coûts liés notamment au carburant pèsent sur l’activité.

Les entreprises font également état de difficultés logistiques, notamment autour du port de Durban, ainsi que de pénuries de certains matériaux. 

La monnaie sud-africaine, le rand, était elle aussi sous pression lundi matin alors que les marchés attendaient la publication des indicateurs économiques et les annonces concernant les prix des carburants. 

À quelques semaines des élections municipales, les questions économiques, sociales et sécuritaires devraient donc continuer à peser fortement sur le débat public.

La presse sud-africaine s’intéresse également aux travaux de la commission Madlanga, qui examine plusieurs dossiers liés à la criminalité, aux réseaux d’influence et à la corruption. Mail & Guardian continue notamment de documenter les accusations d’extorsion et les soupçons de liens entre certains responsables du secteur des taxis et des réseaux criminels

 Nigeria : le coût de la vie et 2027 au cœur des journaux

Au Nigeria, la presse de ce lundi est largement tournée vers l’économie et la prochaine présidentielle de 2027.

Les principaux journaux nigérians mettent notamment en avant la question des carburants et des importations. Independent Nigeria titre ainsi sur la disparition de près de **998,5 milliards de nairas d’exportations de produits pétroliers**, absorbées par les importations, tandis que les débats se poursuivent sur la politique monétaire et la baisse des taux d’intérêt. 

Le pouvoir de Bola Tinubu défend de son côté les réformes économiques engagées depuis son arrivée à la présidence. Le vice-président Kashim Shettima affirme que ces décisions difficiles ont permis d’éviter au pays une crise économique plus profonde, selon la presse nigériane du jour. 

Mais le gouvernement reste confronté à une réalité sociale difficile : hausse du coût des produits essentiels, prix élevés du carburant et inquiétudes persistantes concernant le pouvoir d’achat.

La présidentielle de février 2027 commence également à s'imposer dans le débat. Les prises de position des responsables politiques et les premières manœuvres de campagne montrent que la bataille électorale s’installe progressivement.

La sécurité demeure un autre sujet de préoccupation, avec notamment les appels à la libération de membres des corps de service national victimes d’enlèvements. 

 RDC : Ebola continue de faire peser une lourde menace

En République démocratique du Congo, l’actualité reste dominée par l’épidémie d’Ebola, qui constitue désormais l’une des crises sanitaires les plus graves du pays.

Selon des données gouvernementales rapportées par Reuters, le nombre de décès a dépassé 4 000, tandis que plus de 8 300 cas confirmés ont été recensés dans sept provinces. 

La situation est d’autant plus préoccupante que l’épidémie progresse dans certaines zones de l’est du pays où l’insécurité complique l’accès des équipes médicales.

Associated Press rapporte parallèlement qu’un essai clinique est actuellement mené en Ituri autour de l’obeldesivir, un traitement expérimental utilisé à titre préventif chez des personnes exposées au virus. Plus de 250 participants ont déjà été recrutés, dans le cadre d’un programme qui doit en inclure près d’un millier

La France entend par ailleurs renforcer son soutien. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui s’est rendu à Bunia, a annoncé son intention de défendre de nouveaux financements humanitaires pour lutter contre l’épidémie. 

Le Monde consacre également une place importante à cette crise dans son édition du jour, en mettant en avant la visite de Jean-Noël Barrot en Ituri et le soutien de Paris aux autorités congolaises. 

L’Ebola vient ainsi se superposer à une situation sécuritaire déjà extrêmement fragile dans l’est de la RDC.

 AES : la dynamique confédérale se poursuit sur fond de pression sécuritaire

Dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso et Niger — la journée est marquée par la poursuite de la dynamique confédérale et par les préoccupations sécuritaires.

Au Mali, la question de la sécurité demeure particulièrement préoccupante. Les attaques attribuées aux groupes jihadistes continuent de mettre à rude épreuve les forces armées. Des sources citées par Reuters avaient notamment fait état de lourdes pertes militaires lors d’une attaque contre une position de l’armée malienne en septembre. 

Dans le même temps, la question de la liberté de la presse demeure sensible dans l’espace sahélien. La presse burkinabè rapporte aujourd’hui notamment les activités de la diaspora favorable au projet confédéral de l’AES et la poursuite de la construction de ses nouvelles structures communes. 

Au Niger, l’actualité reste dominée par la consolidation des nouvelles alliances extérieures et par la coopération avec la Russie. L’Agence nigérienne de presse met notamment en avant la diversification de la coopération bilatérale entre Niamey et Moscou

L’AES poursuit donc son processus d’institutionnalisation, tout en restant confrontée à son principal défi : transformer la coopération politique et militaire en gains sécuritaires concrets sur le terrain.

 Une Afrique traversée par plusieurs foyers de tension

Au-delà des pays retenus comme priorités, la presse du jour dessine une Afrique confrontée à plusieurs crises simultanées : conflits armés, difficultés économiques, tensions diplomatiques, insécurité alimentaire et urgences sanitaires.

Mais deux tendances ressortent particulièrement de l’actualité de ce lundi.

La première est la montée des tensions dans la Corne de l’Afrique. La reprise de Makalé, la confrontation entre Addis-Abeba et Asmara et le rôle croissant de l’Égypte et du Soudan pourraient transformer la crise du Tigré en problème régional.

La seconde est la persistance du poids des crises internes : ralentissement économique en Afrique du Sud, pression sur le pouvoir d’achat au Nigeria, Ebola en RDC et insécurité au Sahel.

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