Dans un éditorial publié le 6 août 2026, le comité de rédaction du Financial Times alerte sur le recul démocratique à l'œuvre en Afrique, porté par une ère de diplomatie internationale de plus en plus transactionnelle où les régimes autoritaires gagnent du terrain.
Le texte s'ouvre sur les mots de l'opposant zimbabwéen Nelson Chamisa, de passage à Londres pour défendre sa cause : « La démocratie n'est pas un café instantané », dit-il, en référence à la difficulté de déloger la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980. Le Financial Times rappelle qu'après une décennie d'ouverture démocratique au début du siècle, le continent a vu son espace civique se réduire fortement, avec plus d'une douzaine de coups d'État réussis en dix ans, tandis que d'autres dirigeants apprenaient à contourner les urnes par la manipulation constitutionnelle. Le journal cite en exemple le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, dont le mandat vient d'être prolongé jusqu'en 2030, ou encore l'Ouganda de Yoweri Museveni, où l'opposant Kizza Besigye, 70 ans, s'est récemment effondré au tribunal.
Cette dérive s'explique en partie, selon l'éditorial, par le désengagement occidental : les budgets d'aide réduits auraient fait perdre à l'Occident son principal levier de pression, laissant le champ libre à des puissances — Chine, Russie, États du Golfe — peu soucieuses des libertés démocratiques.
Le journal souligne toutefois que les Africains eux-mêmes restent les premiers défenseurs de la démocratie, citant un sondage Afrobarometer de 2024 où 66% des personnes interrogées la préfèrent à toute autre forme de gouvernement. L'éditorial conclut en saluant le courage de figures comme Besigye, estimant qu'elles « méritent notre soutien ».