(AfriquesPlus) - Le cargo russe Mikhail-Britnev, sous sanctions américaines, s'est arrimé de nuit au port de Lomé le 9 juillet, après trois semaines de traversée depuis la Russie, selon une enquête de Matteo Maillard publiée dans Jeune Afrique, le 10 juillet. À son bord, des dizaines de véhicules blindés constituent la première livraison massive d'équipements destinés aux hommes d'Africa Corps, force paramilitaire dépendante du GRU, déployée au Togo depuis janvier pour former l'armée nationale face aux incursions jihadistes venues du Burkina Faso voisin.
Ce rapprochement trouve son origine dans un accord bilatéral de défense ratifié à la Douma en octobre 2025, prévoyant formation militaire et échange de renseignements. Selon une source institutionnelle citée par Jeune Afrique, les autorités togolaises ont toutefois choisi de limiter le périmètre d'action d'Africa Corps, refusant un appui direct au combat « par sa crainte de voir se produire sur son sol des exactions et des violations des droits de l'homme similaires à celles perpétrées par les mercenaires russes au Mali ». Le contingent russe représenterait aujourd'hui entre 300 et 350 hommes, répartis dans plusieurs bases du nord togolais.
Au-delà du volet militaire terrestre, l'accord de coopération autorise les marines russe et togolaise à utiliser mutuellement leurs ports militaires. Selon un document consulté par JA, cette ouverture doit permettre à Moscou d'y débarquer et transiter du matériel militaire destiné à ses alliés sahéliens, complétant les positions russes déjà établies à Tobrouk en Libye et Conakry en Guinée.
Face à cette montée en puissance, l'Union européenne a débloqué en juin une aide destinée à renforcer les capacités de la marine togolaise, tandis que Moscou multiplie en parallèle les initiatives diplomatiques et culturelles pour consolider son influence dans le pays.