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Les Africains entre ouverture et prudence
Les Africains soutiennent majoritairement la libre circulation des personnes sur le continent, mais se montrent plus réservés lorsqu'il s'agit d'accueillir des immigrés dans leur propre pays selon un rapport d'Afrobarometer
 

(AfriquesPlus) - Les Africains soutiennent majoritairement la libre circulation des personnes sur le continent, mais se montrent plus réservés lorsqu'il s'agit d'accueillir des immigrés dans leur propre pays. C'est l'un des principaux enseignements du rapport African Insights 2026 publié le 5 août 2026 par Afrobarometer, à partir de 50 961 entretiens réalisés en face à face dans 38 pays africains entre 2024 et 2025.

L'étude met en lumière un paradoxe. Si une majorité de citoyens défendent le principe de la libre circulation pour travailler ou commercer à travers les frontières africaines, ils demeurent plus prudents face à l'immigration. Beaucoup souhaitent limiter l'arrivée de travailleurs étrangers ou de réfugiés, même si la plupart déclarent ne pas avoir d'objection à vivre aux côtés d'étrangers. Les opinions sont également très partagées sur l'impact économique des immigrés, perçus autant comme une opportunité que comme une source de concurrence.

Autre résultat marquant : contrairement à ce qui est observé dans de nombreuses régions du monde, les catégories les plus instruites, les plus qualifiées et les plus aisées sont, en Afrique, celles qui expriment les réticences les plus fortes envers l'immigration.

Le rapport révèle également une progression du désir d'émigration. La proportion d'Africains envisageant de quitter leur pays est en hausse depuis une décennie et dépasse désormais celle observée dans d'autres régions du monde. Cette aspiration concerne avant tout les jeunes diplômés et s'explique principalement par la recherche de meilleures perspectives économiques et d'emploi.

Ces résultats s'inscrivent dans un contexte où l'intégration régionale constitue une priorité de l'Union africaine, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et le Protocole sur la libre circulation des personnes, qui visent à faciliter les échanges, les investissements et la mobilité de la main-d'œuvre à l'échelle du continent. Toutefois, Afrobarometer souligne que, malgré ce soutien de principe, de nombreux Africains estiment que franchir les frontières demeure difficile dans la pratique.

Selon les auteurs, ces perceptions illustrent la tension entre deux aspirations : promouvoir une intégration africaine plus poussée tout en préservant les intérêts économiques nationaux. Elles montrent également que la réussite des politiques de mobilité dépendra autant de l'adhésion des citoyens que de la capacité des États à répondre aux préoccupations liées à l'emploi, à la sécurité et aux services publics.

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