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Les entraîneurs africains, nouveaux piliers de la stratégie du football continental
Longtemps relégués au second plan derrière les techniciens étrangers, les entraîneurs africains sont aujourd’hui en train de s’installer durablement au plus haut niveau du football mondial.
 

(AfriquesPlus) - La montée en puissance des techniciens africains sur les bancs des sélections nationales s’impose désormais comme l’un des grands enseignements de la Coupe du Monde 2026. Avec six des dix représentants africains dirigés par des entraîneurs du continent et neuf sélections qualifiées pour la phase à élimination directe, cette évolution sera au cœur de la CAF Strategy Conference, prévue le 8 octobre à Sal, au Cap-Vert.

Longtemps relégués au second plan derrière les techniciens étrangers, les entraîneurs africains sont aujourd’hui en train de s’installer durablement au plus haut niveau du football mondial. Leur progression, particulièrement visible lors de la Coupe du Monde 2026, constitue désormais un véritable enjeu stratégique pour la Confédération africaine de football (CAF).

La CAF Strategy Conference, qui réunira entraîneurs, responsables techniques et dirigeants du football africain à Sal, devra notamment tirer les enseignements de cette évolution et réfléchir aux moyens de transformer cette dynamique en politique durable de développement.

 Une progression spectaculaire en seize ans

Les chiffres illustrent à eux seuls le chemin parcouru.

En 2010, lors de la Coupe du Monde organisée en Afrique du Sud, une seule sélection africaine était dirigée par un entraîneur du continent. Quatre ans plus tard, en 2014, elles étaient deux. Le chiffre est resté identique en 2018 avant de connaître une progression spectaculaire en 2022, avec cinq sélections africaines sur cinq confiées à des techniciens africains.

En 2026, le phénomène franchit un nouveau cap : six des dix représentants africains sont dirigés par des entraîneurs du continent.

Cette progression traduit un changement important dans la perception du football africain. Les fédérations accordent désormais davantage de confiance à leurs techniciens et leur confient des responsabilités qui étaient auparavant très souvent réservées aux entraîneurs venus d’Europe ou d’ailleurs.

 Le Maroc de Regragui, un tournant majeur

La Coupe du Monde 2022 avait constitué un moment fondateur avec le parcours exceptionnel du Maroc de Walid Regragui.

Sous la direction du technicien marocain, les Lions de l’Atlas étaient devenus la première sélection africaine à atteindre les demi-finales d’une Coupe du Monde.

Au-delà de la performance sportive, ce parcours avait contribué à modifier le regard porté sur les entraîneurs africains. Il démontrait qu’un technicien issu du continent pouvait concevoir et conduire une stratégie capable de rivaliser avec les meilleures nations du monde.

Cette réussite a également renforcé les appels en faveur d’une plus grande confiance accordée aux entraîneurs locaux.

 Faé, Bubista, Thiaw : une nouvelle génération s’affirme

La Coupe du Monde 2026 est venue confirmer cette tendance.

Avec la Côte d’Ivoire, Emerse Faé s’est inscrit dans la continuité de son remarquable parcours avec les Éléphants. Après avoir conduit la sélection ivoirienne au titre continental, le technicien a permis à la Côte d’Ivoire d’atteindre la phase à élimination directe du Mondial.

Autre histoire marquante : celle du Cabo Verde, conduit par Bubista. Pour sa première participation à une Coupe du Monde, la sélection insulaire a réussi à franchir la phase de groupes. Une performance particulièrement significative pour une nation au poids démographique et footballistique plus modeste.

Le Sénégal a également poursuivi son parcours sous la direction de Pape Thiaw, tandis que **Hossam Hassan a accompagné l’Égypte dans cette campagne mondiale.

Ces exemples montrent que la progression des entraîneurs africains ne se limite plus aux sélections traditionnellement considérées comme les grandes puissances du continent. Elle touche également des équipes qui cherchent à construire leur identité et leur compétitivité sur le long terme.

 Neuf équipes africaines en phase à élimination directe

L’autre enseignement majeur de la campagne 2026 réside dans la performance collective du continent.

Sur les dix sélections africaines engagées, neuf ont atteint la phase à élimination directe. Une performance présentée comme la meilleure de l’histoire du football africain en Coupe du Monde.

Cette réussite collective donne encore davantage de poids à la réflexion sur le développement des entraîneurs.

Pour la CAF, il ne s’agit plus simplement de constater que les techniciens africains peuvent réussir. La question consiste désormais à comprendre **comment créer les conditions permettant à un plus grand nombre d’entre eux d’accéder au plus haut niveau et d’y rester durablement**.

 De la formation à la responsabilité technique

La Strategy Conference doit ainsi permettre d’aller au-delà des résultats obtenus sur les terrains.

La formation des entraîneurs, les licences, le développement des compétences techniques et les passerelles entre les championnats nationaux et les sélections constituent autant de sujets susceptibles d’alimenter les discussions.

L’évolution enregistrée depuis 2010 montre en effet que la confiance accordée aux techniciens africains peut produire des résultats. Mais pour que cette dynamique s’inscrive dans la durée, elle doit être accompagnée par des structures de formation solides, des parcours professionnels cohérents et un véritable environnement de développement technique.

L’objectif serait notamment de faire émerger davantage d’entraîneurs capables de gérer la pression des grandes compétitions internationales, de développer des projets de jeu cohérents et de rivaliser tactiquement avec les meilleures sélections mondiales.

 Transformer les réussites individuelles en modèle continental

L’un des principaux enjeux de la rencontre de Sal sera donc de déterminer comment transformer les réussites individuelles en modèle reproductible à l’échelle des 54 associations membres de la CAF.

Les parcours d’Emerse Faé, Bubista, Walid Regragui, Pape Thiaw, Hossam Hassan et d’autres techniciens africains peuvent servir de points de départ à cette réflexion.

Il s’agira notamment d’identifier les facteurs qui ont contribué à leur réussite : formation, expérience, connaissance de l’environnement local, confiance des fédérations, stabilité dans le travail et capacité à construire une identité collective.

 Vers une nouvelle ère pour les techniciens africains

La dynamique observée entre 2010 et 2026 marque incontestablement une évolution dans le football africain. D’un entraîneur africain en 2010 à six en 2026, la progression est significative.

Mais au-delà des statistiques, c’est surtout un changement de perspective qui semble s’opérer. Les entraîneurs africains ne sont plus seulement perçus comme des techniciens appelés à travailler dans les championnats ou sélections du continent. Ils démontrent progressivement leur capacité à s’imposer sur la scène mondiale.

La CAF Strategy Conference du 8 octobre au Cap-Vert arrive ainsi à un moment particulièrement important. Elle devra permettre de capitaliser sur les enseignements de la Coupe du Monde 2026 et de réfléchir à la prochaine étape.

L’ambition est désormais claire : faire de la réussite des entraîneurs africains non plus une succession d’exceptions, mais le résultat d’un véritable système de développement capable de produire durablement des techniciens de très haut niveau.

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