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Luanda joue la carte de la concurrence pour attirer les capitaux agricoles
Longtemps courtisé pour son pétrole, l'Angola cherche désormais à faire de ses terres arables un nouveau pôle d'attractivité économique
 

(AfriquesPlus) - Longtemps courtisé pour son pétrole, l'Angola cherche désormais à faire de ses terres arables un nouveau pôle d'attractivité économique. Mais l'attentisme de certains partenaires historiques commence à irriter Luanda, prête à regarder ailleurs.

Cette impatience angolaise s'inscrit dans une stratégie plus large de diversification, alors que le pays cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures, qui représentent encore l'essentiel de ses recettes d'exportation. Depuis plusieurs années, Luanda multiplie les réformes pour transformer son secteur agricole en véritable relais de croissance, misant sur ses vastes réserves foncières encore largement sous-exploitées face à une demande mondiale croissante de sécurité alimentaire.

C'est dans ce contexte que le ministre angolais de l'Agriculture, Isaac dos Anjos, a publiquement mis en garde les investisseurs brésiliens, lors d'un forum agro-industriel tenu à Luanda, selon Bloomberg. « Je ne suis plus disposé à me mettre à genoux pour demander : venez », a-t-il lancé, cité par le média américain, ajoutant ne plus vouloir « supplier » d'éventuels partenaires réticents.

Le grief formulé par Luanda porte sur un projet de 800 000 hectares de terres identifiées l'an dernier pour être développées par des entreprises brésiliennes, sans qu'aucun montage financier n'ait depuis été formellement validé, malgré des discussions engagées entre institutions des deux pays, rapporte Bloomberg. Pour le ministre, la responsabilité du blocage incombe désormais au secteur financier brésilien, sommé de clarifier sa position.

Cette situation illustre un phénomène plus général dans les relations Sud-Sud, où les annonces d'investissements se heurtent souvent à la lenteur des montages bancaires et à l'aversion au risque des bailleurs face à des marchés africains jugés encore incertains. C'est précisément l'argument avancé par l'ex-ministre brésilienne Katia Abreu, présente au forum, qui a plaidé pour davantage de temps et de garanties avant de s'engager sur une nouvelle « frontière agricole ».

 

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