(AfriquesPlus) - Un article de RFI publié le 7 août 2026, signé par le correspondant Guilhem Fabry depuis Antananarivo, révèle les dessous d'un bras de fer budgétaire entre le gouvernement malgache et le Fonds monétaire international, portant sur le décaissement de 183 millions de dollars de financements, initialement attendu le mois dernier.
À l'origine de ce blocage : la décision des autorités malgaches, prise en avril, de suspendre l'ajustement automatique des prix du carburant à la pompe. Ce mécanisme, en vigueur depuis janvier 2025, faisait fluctuer mensuellement le prix de l'essence selon les cours mondiaux, dans une limite de 200 ariary à la hausse comme à la baisse. Face à la crise au Moyen-Orient, l'État a préféré geler les prix et subventionner directement les sociétés pétrolières, payant la différence avec le prix réel.
Une décision assumée mercredi par le ministre de l'Économie et des Finances, Herinjatovo Ramiarison, devant la presse malgache, cité par RFI : « Ce n'est pas le moment d'augmenter le prix du carburant, car cela va engendrer de l'inflation. Madagascar ne supportera pas une nouvelle crise sociale ou politique avec un impact à long terme. La relance économique est en marche, nous ne voulons pas l'interrompre et revenir au point de départ. »
Pour convaincre le FMI, dont les conditions de rigueur budgétaire sont contredites par cette subvention, le ministre met en avant d'autres leviers d'équilibrage des comptes publics. Selon ses propos rapportés par RFI, l'exécutif malgache mise sur le développement de l'assiette fiscale et le renforcement de la lutte contre la corruption : « L'argent récolté grâce aux contrôles fiscaux dans les entreprises a presque doublé au premier semestre 2026 par rapport à la même période l'année dernière. » Il reconnaît toutefois l'ampleur de la tâche : « C'est un effort de longue haleine : les acteurs de la corruption ne sont pas des petits poissons, mais des gens influents. »
RFI précise que les autorités malgaches ont annoncé le maintien du gel des prix à la pompe jusqu'à la fin de l'année 2026, tout en espérant obtenir un réexamen de leur dossier par le FMI lors d'une prochaine réunion prévue fin août. Les 183 millions de dollars concernés, toujours non versés à ce jour, figurent déjà dans les prévisions budgétaires nationales du pays.