Skip to main content
Mali, après cinq ans de Transition, le gouvernement fixe le cap du « Mali Kura »
Après cinq années dominées par la refondation de l’État et la quête de souveraineté, les autorités veulent désormais accélérer sur le front économique, avec l’industrialisation, l’énergie, l’emploi...
 

(AfriquesPlus) - Le gouvernement malien a achevé les consultations organisées à travers le pays pour dresser le bilan des cinq années de Transition et présenter les priorités de la prochaine phase de la Refondation. Dans un bilan publié le 6 août 2026 par Maliweb.net, la rédaction rapporte que les autorités présentent cette démarche comme un exercice de redevabilité destiné à rendre compte des actions engagées depuis 2021 et à recueillir les attentes des populations.

Menées sous les orientations du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, ces rencontres ont permis aux membres du gouvernement d’échanger avec les populations sur les réalisations revendiquées par les autorités et sur les difficultés qui persistent. Le gouvernement affirme vouloir désormais accélérer le développement économique et social après une première phase consacrée à la refondation de l’État et à la consolidation de la souveraineté nationale.

Les autorités maliennes mettent d’abord en avant les réformes institutionnelles engagées depuis 2021. Elles citent notamment la Constitution promulguée en juillet 2023, qui a instauré la IVe République, ainsi que la mise en œuvre progressive des recommandations issues des Assises nationales de la Refondation.

La lutte contre la corruption et la poursuite des réformes administratives figurent également parmi les chantiers présentés comme structurants. Selon le gouvernement, ces transformations doivent contribuer à renforcer l’État et à restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens.

Cette orientation s'inscrit, selon les autorités, dans une trajectoire de souveraineté nationale adoptée après le début de la Transition, dans un contexte marqué par l’insécurité, les difficultés économiques et les tensions avec plusieurs partenaires étrangers.

Les FAMa mises en avant sur le front sécuritaire

Sur le plan militaire, le gouvernement revendique une montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa), notamment grâce à l’acquisition de nouveaux équipements, au renforcement des capacités opérationnelles et à l’amélioration de la formation des militaires.

Les autorités estiment que cette évolution a accru l’autonomie des forces maliennes dans la conduite des opérations et leur capacité à assurer la sécurité du territoire. Elles présentent également cette dynamique comme un élément de la coopération sécuritaire au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le bilan gouvernemental met parallèlement en avant le repositionnement diplomatique du Mali autour de la souveraineté, de l’égalité entre les États et de partenariats jugés plus équilibrés. La création de la Confédération des États du Sahel est ainsi présentée comme l’une des principales expressions de cette nouvelle orientation.

Le secteur minier constitue l’un des principaux arguments économiques avancés par le gouvernement. Les autorités indiquent avoir recouvré plus de 760 milliards de francs CFA auprès des sociétés minières, à la faveur de la révision du Code minier, de l’adoption de la loi sur le contenu local et de la renégociation de conventions minières.

Le gouvernement affirme également que le Fonds minier de développement local a permis de redistribuer 18,4 milliards de francs CFA aux collectivités territoriales. Ces ressources auraient servi au financement d’infrastructures dans la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable et les routes.

Les autorités citent par ailleurs des investissements et réformes dans la sécurité alimentaire, l’éducation, la santé, les infrastructures, l’énergie, le numérique, l’emploi des jeunes et l’entrepreneuriat.

Les consultations organisées à travers le pays ont toutefois fait ressortir plusieurs préoccupations persistantes. Les populations ont notamment demandé un renforcement de la sécurité, une amélioration du pouvoir d’achat, un meilleur accès à l’électricité et à l’eau potable ainsi que davantage d’opportunités d’emploi pour les jeunes.

La performance de l’administration et l’accompagnement de l’entrepreneuriat figurent également parmi les attentes recensées.

Pour la prochaine étape, le gouvernement entend ainsi mettre davantage l’accent sur le développement économique. L’industrialisation et la transformation locale des matières premières, les investissements dans l’énergie, notamment solaire, le développement des infrastructures, la création d’emplois et le renforcement du capital humain sont présentés comme des priorités.

Cette nouvelle phase doit s’appuyer sur la Vision Mali Kura 2063 et sur la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD 2024-2033), selon le bilan rapporté par Maliweb.net.

En clôturant les consultations, les autorités ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les réformes engagées sous la direction d’Assimi Goïta et appelé les Maliens de l’intérieur comme de la diaspora à participer à la construction du « Mali Kura ». Le gouvernement a également rendu hommage aux forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux victimes du terrorisme.

Le bilan présenté par les autorités marque ainsi une volonté de faire évoluer le récit de la Transition, de la restauration de l’État et de la souveraineté vers une nouvelle séquence davantage centrée sur la transformation économique et l’amélioration des conditions de vie.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
180
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3