Dans une lettre rendue publique par Rabat, le souverain marocain confirme que la principale autoroute reliant le nord du pays au Sahara occidental portera désormais le nom de Donald Trump. Un geste hautement symbolique qui souligne l'importance accordée par le royaume à la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur ce territoire disputé.
(AfriquesPlus) – Le roi Mohammed VI a officiellement confirmé que le Maroc avait décidé de donner le nom de Donald Trump à l'une des principales infrastructures routières du pays. L'information est révélée par Hafsa Khalil dans un article publié par la BBC le 3 août 2026, après la diffusion par l'agence officielle marocaine MAP d'une lettre adressée par le souverain au président américain.
Dans cette correspondance, datée du 2 juillet mais rendue publique durant le week-end, Mohammed VI explique que cette décision constitue « une expression personnelle de [sa] haute considération » envers Donald Trump.
L'initiative intervient quelques jours après un message publié par le président américain sur son réseau Truth Social, dans lequel il remerciait le souverain marocain pour cet hommage. À l'époque, aucune confirmation officielle n'avait toutefois été donnée par les autorités marocaines.
Une autoroute au cœur de la question du Sahara occidental
Jusqu'à présent connue sous le nom d'autoroute Tiznit-Dakhla, cette voie rapide de 1 055 kilomètres constitue un axe stratégique reliant le nord du Maroc au Sahara occidental, territoire dont Rabat contrôle la majeure partie mais dont le statut reste contesté sur le plan international.
Le tracé traverse une région revendiquée par le Maroc comme faisant partie intégrante de son territoire, tandis que le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, continue de réclamer l'indépendance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
Pour Rabat, cette infrastructure symbolise l'intégration économique et territoriale de ce que les autorités marocaines désignent comme les « provinces du Sud ».
Un hommage directement lié à la décision de 2020
Dans sa lettre, Mohammed VI rappelle explicitement que cette décision vise à saluer ce qu'il qualifie de « reconnaissance historique de la souveraineté du Maroc sur son Sahara » par Donald Trump.
Le souverain affirme que cette décision américaine « restera gravée à jamais dans la mémoire des Marocains, de génération en génération ».
En décembre 2020, durant son premier mandat, Donald Trump avait reconnu officiellement la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision s'inscrivait dans les Accords d'Abraham, conclus sous médiation américaine, qui avaient conduit le Maroc à normaliser ses relations diplomatiques avec Israël.
Depuis lors, cette reconnaissance constitue l'un des principaux acquis diplomatiques mis en avant par Rabat.
Une relation privilégiée avec Washington
Le roi souligne également que les relations entre les deux pays n'ont « jamais été aussi dynamiques et fructueuses » que sous les deux mandats présidentiels de Donald Trump.
Au-delà de l'hommage personnel, le choix du nom de cette autoroute apparaît ainsi comme un signal politique adressé à Washington, dans un contexte où le Maroc cherche à consolider les soutiens internationaux à son plan d'autonomie pour le Sahara occidental.
Un conflit toujours non résolu
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental demeure inscrit par les Nations unies sur la liste des territoires non autonomes. Depuis près d'un demi-siècle, le différend oppose le Maroc au Front Polisario.
L'ONU continue de défendre une solution politique négociée permettant au peuple sahraoui de déterminer son avenir. De son côté, l'Union africaine reconnaît toujours la République arabe sahraouie démocratique comme État membre.
Si plusieurs pays occidentaux, dont récemment l'Espagne, le Royaume-Uni ou encore la France, soutiennent désormais le plan marocain d'autonomie comme base de négociation, ils ne reconnaissent pas pour autant formellement la souveraineté marocaine sur le territoire.
Le baptême de cette autoroute illustre ainsi la volonté de Rabat d'inscrire durablement dans sa mémoire nationale le tournant diplomatique intervenu en 2020 sous l'administration Trump, alors même que le statut définitif du Sahara occidental demeure l'un des dossiers les plus sensibles de la politique africaine et internationale.