(AfriquesPlus) – La Banque centrale du Nigeria (CBN), la Commission nigériane de régulation du secteur pétrolier en amont (NUPRC), la Commission de développement du delta du Niger (NDDC) et l’Initiative pour la transparence des industries extractives du Nigeria (NEITI) ne se sont pas présentées, lundi, devant le Comité des comptes publics du Sénat, provoquant une vive réaction des parlementaires. Le comité a convoqué une nouvelle audition et averti que des sanctions pourraient être prises en cas de nouvelle absence.
BusinessDay, dans un article publié le 3 août 2026 par Tope Omogbolagun, rapporte que ces organismes étaient invités à répondre aux observations formulées dans les rapports d’audit de la NEITI couvrant la période 2021-2023. Ces rapports portent sur les activités du secteur pétrolier et gazier nigérian, un pilier de l’économie du pays, et s’inscrivent dans le cadre de la mission de contrôle du Sénat sur la gestion des finances publiques et des industries extractives.
Cette absence a contraint le Comité des comptes publics à reporter le début de son enquête, initialement prévue pour durer trois semaines. Présidée par le sénateur Ibrahim Dankwabo, la commission a fixé une nouvelle comparution au jeudi 6 août et prévenu que tout refus de répondre à cette convocation exposerait les organismes concernés à des sanctions prévues par la Constitution nigériane de 1999 et le règlement intérieur du Sénat.
Le président du comité a dénoncé ce qu’il considère comme un manque de respect envers l’autorité parlementaire. Ibrahim Dankwabo a assuré que les investigations se poursuivraient jusqu’à ce que toutes les institutions concernées apportent des explications sur les irrégularités et les observations relevées dans les rapports d’audit.
Le boycott de la séance d’ouverture a suscité de vives critiques parmi les sénateurs. Plusieurs membres de la commission ont estimé que cette absence constituait un affront direct à l’Assemblée nationale, d’autant qu’aucune des institutions concernées, y compris la NEITI, auteure des rapports examinés, n’avait dépêché de représentant.
Le sénateur Babangida Hussaini, élu de l’État de Jigawa, a appelé le comité à faire usage de ses pouvoirs constitutionnels pour contraindre les agences concernées à comparaître. Selon lui, le refus de répondre à une convocation portant sur des questions d’audit compromet l’autorité du Parlement et remet en cause les mécanismes de contrôle des institutions publiques.
Le sénateur Patrick Ndubueze, représentant de l’État d’Imo, a pour sa part dénoncé le manque d’égards des agences envers le Sénat. Il a relevé qu’aucune lettre d’excuse n’avait été transmise et qu’aucun représentant n’avait été mandaté pour justifier l’absence des directeurs généraux. À ses yeux, ce comportement traduit un déficit d’obligation de rendre compte au sein de certaines institutions publiques.
Malgré ces critiques, le président du comité a choisi d’accorder une dernière possibilité aux organismes concernés de s’expliquer. Il a toutefois averti que toute nouvelle absence entraînerait des mesures conformément aux dispositions constitutionnelles et aux règles du Sénat, réaffirmant la volonté des parlementaires de mener à terme leur mission de contrôle.
L’enquête parlementaire doit se poursuivre dès mardi avec les auditions du conseiller à la sécurité nationale (NSA), de l’Autorité nigériane de régulation du secteur intermédiaire et aval du pétrole (NMDPRA), de la Commission de mobilisation des recettes, d’allocation et de fiscalité (RMAFC) ainsi que d’autres organismes publics. Ces auditions s’inscrivent dans les efforts du Sénat pour renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion du secteur extractif, qui demeure une source majeure de revenus pour le Nigeria.