(AfriquesPlus) - Le Rwanda veut faire de la mine de Nyakabingo un pilier de sa stratégie dans les minerais critiques. Dans un reportage publié le 27 juillet 2026 dans Les Echos, Aurore Bayoud raconte comment Trinity Metals mise sur la mécanisation et la traçabilité pour transformer cette exploitation de wolframite, dans le nord du pays, en vitrine du tungstène rwandais.
Le groupe veut profiter d’un marché bouleversé par les restrictions chinoises sur les métaux à double usage et par la recherche de fournisseurs alternatifs par les États-Unis. Selon Les Echos, Nyakabingo fournit déjà une part importante du concentré de tungstène primaire utilisé sur le marché américain. Trinity Metals ambitionne désormais d’augmenter fortement ses volumes et de moderniser le traitement du minerai.
Cette montée en puissance doit aussi répondre à une exigence de crédibilité. Le Rwanda fait régulièrement l’objet d’accusations de réexportation de minerais issus de zones de conflit dans l’est de la RDC, ce que Kigali dément. Trinity Metals affirme, pour sa part, contrôler l’origine de sa production par des mécanismes de suivi des lots et des audits de chaîne d’approvisionnement.
« Il est rigoureusement impossible que nos minerais soient, de près ou de loin, des minerais de conflit », assure Peter Geleta, directeur général de Trinity Metals, cité par le quotidien français. Pour Kigali, Nyakabingo doit donc prouver qu’une mine rwandaise peut s’imposer à la fois par sa capacité industrielle et par la confiance qu’elle inspire aux marchés internationaux.