(AfriquesPlus) - La raffinerie Dangote accélère la diversification de ses approvisionnements en pétrole brut. En juillet, la part du brut nigérian dans ses matières premières est tombée à 71 %, contre 85 % en juin, tandis que l’établissement de Lekki a renforcé ses importations en provenance de Libye et d’autres producteurs africains.
D’après les données de suivi du pétrole brut d’Argus Media rapportées par BusinessDay dans un article publié le 6 août 2026 par Abubakar Ibrahim, la raffinerie, d’une capacité de 650 000 barils par jour, a traité environ 595 000 barils par jour (bpj) en juillet. Ce niveau reste inférieur au record de 660 000 bpj atteint en juin, mais demeure nettement supérieur à la moyenne enregistrée en 2025.
Cette évolution traduit un changement dans la stratégie d’approvisionnement de la raffinerie. Pour la première fois, cinq qualités de pétrole brut non nigérianes ont été livrées au cours d’un même mois. Outre les bruts nigérians Bonny Light, Qua Iboe, Escravos, Forcados, Amenam, Erha, CJ Blend et Utapate, Dangote a réceptionné du pétrole libyen Esharara, ainsi que du Clov et du Cabinda en provenance d’Angola, du Lokele de Guinée équatoriale et de l’Ebome du Cameroun.
Le brut libyen Esharara occupe une place croissante dans cette stratégie. En juillet, Dangote en a reçu une cargaison pour le troisième mois consécutif, après une première livraison en mai. Une nouvelle cargaison d’un million de barils était attendue cette semaine, selon les données citées par BusinessDay.
Cette montée en puissance du brut libyen intervient parallèlement à l’arrêt des importations de West Texas Intermediate (WTI) américain. La raffinerie n’a plus réceptionné de cargaison de WTI depuis mars, ce qui semble confirmer son recentrage sur des qualités africaines présentant des caractéristiques compatibles avec ses besoins de raffinage.
La diversification répond notamment aux préoccupations persistantes concernant la disponibilité et le prix du pétrole brut nigérian. Elle permet à la raffinerie de rechercher des approvisionnements jugés plus compétitifs tout en limitant sa dépendance à un seul fournisseur, dans un contexte où les producteurs nigérians sont pourtant soumis à des obligations d’approvisionnement du marché domestique.
Les volumes de brut réceptionnés par Dangote ont néanmoins progressé depuis la fin des travaux de maintenance réalisés plus tôt cette année sur l’une de ses unités de distillation. Les livraisons ont atteint en moyenne 550 000 bpj au premier semestre 2026, contre 410 000 bpj sur l’ensemble de l’année 2025. Depuis avril, la moyenne s’est établie autour de 625 000 bpj.
En juillet, la raffinerie a toutefois utilisé un mélange de pétrole brut légèrement plus lourd, avec une densité moyenne de 35,8 degrés API, contre 38,7 degrés en juin. La teneur en soufre est, elle, restée stable à 0,15 %. Sur l’ensemble de l’année, le brut utilisé demeure néanmoins légèrement plus léger et plus pauvre en soufre que celui traité en 2025.
Les arrivages prévus à l’approche du mois d’août laissent présager le maintien d’un niveau de production élevé. Une cargaison d’un million de barils d’Amenam avait déjà été déchargée, tandis que des volumes similaires de Qua Iboe, d’Utapate et de Bonga étaient attendus au cours de la semaine.
Pour BusinessDay, cette évolution illustre ainsi la volonté de la raffinerie Dangote de sécuriser son alimentation en brut en s’appuyant davantage sur plusieurs producteurs africains, alors que les approvisionnements domestiques nigérians ne suffisent pas à eux seuls à répondre à ses besoins.