(SenePlus) - Al Jazeera, dans un article de ce 04 août 2026, rapporte que l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo continue de s'aggraver. Selon les derniers chiffres communiqués par les autorités congolaises, le virus a déjà causé la mort de 1 707 personnes sur 3 802 cas recensés depuis la déclaration officielle de l'épidémie, le 15 mai 2026.
Cette flambée, provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, est désormais considérée comme la deuxième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée et la plus rapide en termes de progression. Contrairement aux précédentes épidémies liées à d'autres variantes du virus, aucun vaccin ni traitement homologué n'existe actuellement contre cette souche.
Selon Al Jazeera, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme avoir considérablement accéléré les essais cliniques de traitements, de médicaments préventifs et de vaccins expérimentaux. À Genève, Vasee Moorthy, responsable par intérim du programme de recherche et développement de l'OMS, a expliqué que les travaux préparatoires menés ces dernières années ont permis de lancer les essais beaucoup plus rapidement que lors des précédentes crises sanitaires. Il a toutefois rappelé que seuls les résultats des essais cliniques permettront de confirmer l'efficacité de ces candidats vaccins et traitements.
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est attendu en République démocratique du Congo pour soutenir les opérations de riposte. Il doit se rendre à Kinshasa avant de rejoindre Bunia, l'un des principaux foyers de l'épidémie dans la province de l'Ituri.
Près de 90 % des infections sont concentrées dans cette province de l'est du pays, même si des cas ont également été confirmés dans cinq autres provinces, dont celle de Kisangani. Plus de 17 000 personnes ayant été en contact avec des malades sont actuellement suivies par les équipes sanitaires, avec un taux quotidien de surveillance d'environ 80 %.
Les autorités sanitaires font également face à de nombreux obstacles. Plus d'une centaine de soignants ont été contaminés depuis le début de l'épidémie. Les opérations de riposte sont freinées par les difficultés de traçage des contacts, l'insécurité liée aux groupes armés, les attaques contre les structures de santé, l'accès difficile à certaines communautés ainsi que la méfiance d'une partie de la population envers les autorités sanitaires. À ces difficultés s'ajoute un déficit de financement, aggravé par la réduction récente de plusieurs programmes d'aide internationale.
La pression sur le système de santé alimente également des tensions sociales. À Mongbwalu, des agents de santé ont menacé d'étendre leur mouvement de grève si leurs salaires impayés ne leur étaient pas versés rapidement. Des mouvements similaires avaient déjà été observés à Bunia, où les personnels dénoncent à la fois les retards de paiement et les conditions de travail jugées particulièrement dangereuses.
Cette épidémie progresse à un rythme inédit. À titre de comparaison, l'épidémie qui avait touché l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016 avait nécessité environ huit mois pour dépasser le seuil de 1 000 décès, alors que la flambée actuelle en RDC a atteint ce niveau en un délai nettement plus court. Dans la région, l'Ouganda voisin a, de son côté, annoncé à la mi-juin être officiellement exempt d'Ebola après la guérison de son dernier patient.