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Pretoria veut une réponse continentale à la crise migratoire africaine
Le ministre sud-africain des Relations internationales, Ronald Lamola, défend une réflexion dépassant les seules questions de contrôle des frontières. Pour Pretoria, les migrations doivent être analysées à partir des facteurs économiques, sociaux
 

(AfriquesPlus) - Alors que les tensions autour de l’immigration s’intensifient en Afrique du Sud et que la crise de Ceuta ravive le débat sur les mobilités africaines, Pretoria plaide pour une approche collective à l’échelle du continent. Dans une dépêche publiée le 5 août 2026 par l’Associated Press (AP), le journaliste Mogomotsi Magome, basé à Johannesburg, rapporte la volonté du gouvernement sud-africain d’ouvrir des discussions africaines sur les causes profondes des migrations.

Le ministre sud-africain des Relations internationales, Ronald Lamola, défend une réflexion dépassant les seules questions de contrôle des frontières. Pour Pretoria, les migrations irrégulières doivent être analysées à partir des facteurs économiques, sociaux et politiques qui poussent des millions d’Africains à chercher de meilleures conditions de vie ailleurs.

« Il faut s’intéresser aux facteurs qui poussent et attirent les migrants », a déclaré Ronald Lamola, cité par l’AP, estimant que seule une réponse coordonnée entre États africains permettra de traiter durablement le phénomène.

Cette initiative intervient dans un climat particulièrement tendu en Afrique du Sud. Le pays est confronté à une montée des discours anti-immigration et à des manifestations réclamant l’expulsion des étrangers en situation irrégulière. Plusieurs migrants ont affirmé avoir été victimes d’attaques lors de ces mobilisations, provoquant des tensions diplomatiques avec certains pays voisins.

Les autorités sud-africaines indiquent avoir procédé au rapatriement ou à l’expulsion de 68 000 personnes entre juin et juillet 2026, principalement originaires du Malawi, du Zimbabwe et du Mozambique. Une politique qui a suscité des critiques, certains gouvernements africains estimant que la question migratoire ne peut être réduite à une problématique sécuritaire.

Le débat dépasse désormais les frontières sud-africaines. Pretoria souhaite notamment inscrire la crise migratoire dans un cadre continental, en lien avec les autres foyers de tension, comme la traversée massive vers l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc, qui a causé la mort de plus de 80 personnes.

L’Union africaine, qui réunit 55 pays, n’a toutefois pas retenu la demande du Ghana d’inscrire spécifiquement les tensions migratoires sud-africaines à l’ordre du jour de sa prochaine réunion de coordination prévue en octobre. L’Afrique du Sud estime qu’elle ne doit pas être isolée mais que l’ensemble du continent doit débattre des dynamiques migratoires.

Derrière cette démarche, Pretoria cherche à imposer une nouvelle lecture : la migration africaine ne serait pas seulement une question de frontières, mais le résultat de déséquilibres structurels liés au développement, aux opportunités économiques et aux crises sociales. Une approche qui vise à transformer la gestion des flux migratoires en un enjeu politique continental.

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