Skip to main content
Sa tribune contre la triche à l'IA aurait été écrite par une IA
Le texte dénonçait la fraude numérique des étudiants dans un grand quotidien américain. Son signataire, numéro deux académique de Dartmouth, fait désormais l'objet d'une enquête interne
 

(AfriquesPlus) - « Il devrait démissionner immédiatement ou être renvoyé. » Eli Moyse, étudiant en dernière année à Dartmouth, ne cache pas sa colère. Elle vise Santiago Schnell, biologiste mathématicien et prévôt de cette université américaine, que l'établissement a placé sous enquête la semaine dernière. Plusieurs de ses textes publiés porteraient la marque de l'intelligence artificielle. L'affaire est rapportée par Mark Arsenault et Alan Blinder dans le New York Times du 29 septembre 2026.

L'ironie est complète. En août, le site Semafor a affirmé qu'une tribune du prévôt parue le 9 août dans le Washington Post avait été rédigée par une IA. Cette tribune traitait justement de la triche à l'IA dans les écoles. En septembre, The Dartmouth, le journal des étudiants, a poursuivi l'enquête et relevé un recours étendu à ces outils dans les écrits publiés par l'universitaire cette année.

Santiago Schnell s'est d'abord défendu en invoquant un simple travail de relecture et de clarification. Le journal étudiant a alors soumis sa déclaration à un détecteur, qui l'a elle aussi signalée comme probablement écrite par une IA.

Le 25 septembre, le prévôt a fini par présenter ses excuses dans une lettre publiée par The Dartmouth. Il y regrette de ne pas avoir toujours signalé son usage de l'IA et se dit « plus conscient que jamais » de la nécessité d'en débattre. Contacté par le New York Times, il n'a pas donné suite.

La présidente de l'université, Sian Beilock, a annoncé l'enquête sur un ton mesuré. « Il y aura des faux pas », a-t-elle écrit à la communauté universitaire, en présentant ces erreurs comme une façon pour l'institution d'apprendre.

Cette explication ne suffit pas à Eli Moyse. « Faire passer pour sien un travail qui ne l'est pas, c'est du plagiat », assène-t-il, même quand l'auteur est un robot.

Dartmouth n'est pas un cas isolé. À l'université Brown, près de deux tiers des étudiants de premier cycle interrogés lors d'une enquête disent s'inquiéter du recours de leurs enseignants à l'IA pour préparer leurs cours.

À l'université de Californie du Sud, les lignes directrices adressées au corps enseignant précisent que les professeurs qui exigent la transparence de leurs étudiants devraient s'imposer la même exigence.

Pour Marc Watkins, fondateur du Mississippi A.I. Institute for Teachers, le flou tient surtout à la vitesse de la technologie. « Il n'existe aucun contrat social à l'heure actuelle », résume-t-il, cité par le New York Times.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1572
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3