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Somalie, la guerre de drones qui tourne à vide pour Washington
Depuis le retour de Donald Trump, les frappes américaines en Somalie ont quadruplé sans faire reculer les jihadistes d'un pouce. Un engrenage militaire qui interroge sur sa propre finalité
 

(AfriquesPlus) - Depuis janvier 2025, le nombre de frappes américaines en Somalie a quadruplé par rapport aux quatre années du mandat de Joe Biden, passant de 51 à 203, selon les données du cercle de réflexion New America relayées par Benjamin Barthe dans Le Monde ce 5 août 2026. Un rythme qui pourrait bientôt dépasser le record de 219 frappes établi lors du premier mandat de Donald Trump, dans une guerre contre les mouvements jihadistes Al-Chabab et EI-Somalie vieille de plus de vingt ans.

Cette intensification découle d'une directive signée en janvier 2025 par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, dispensant désormais l'Africom de l'aval de la Maison Blanche avant toute frappe. Mais sur le terrain, ce déluge de bombardements par drones n'a rien changé au rapport de force : les forces loyales à Mogadiscio ont au contraire perdu l'essentiel du territoire repris aux Chabab en 2022-2023, malgré le soutien militaire de la Turquie, du Kenya et de l'Éthiopie. 

Le chercheur somalien Faisal Ali résume cette impasse dans le quotidien français : « les militaires américains ont un gros marteau en main, dont ils se servent à leur guise ». Les jihadistes, retranchés dans des zones de brousse difficilement pénétrables où ils prélèvent des impôts supérieurs à ceux de l'État central, profitent selon lui d'un statu quo qui arrange finalement les deux camps.

Cette approche divise jusqu'aux experts américains eux-mêmes. Un rapport du think tank Defense Priorities, publié en juillet, estime que l'engagement militaire en Somalie « n'en vaut pas la peine », jugeant qu'aucun des deux groupes ne représente une réelle menace transnationale pour les États-Unis, une lecture à l'opposé de celle défendue par le chef de l'Africom devant le Sénat, pour qui « l'épicentre du terrorisme global se situe en Afrique ».

Le comportement de Donald Trump lui-même illustre cette absence de cap. Après avoir jugé en décembre 2025 que la Somalie « pue et ne vaut rien », le président a suspendu le financement d'une unité d'élite somalienne tout en laissant filer les frappes de drones, avant que Washington n'annonce en juillet son retrait du soutien logistique de l'ONU sur placee fragilisant du même coup la force de l'Union africaine censée épauler Mogadiscio. 

Une contradiction que résume sans détour l'ancien du Conseil de sécurité national Cameron Hudson, cité par Le Monde : « bienvenue chez Trump 2026 ». Vingt ans après le début de cette guerre, ni les frappes massives ni les phases de désengagement n'auront permis de trancher un conflit qui continue, de fait, de s'auto-alimenter.

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