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Succès Masra retrouve la liberté après plus d'un an de détention
L'opposant tchadien sort de prison grâce à une mesure présidentielle annoncée quelques jours plus tôt. Une libération obtenue au terme de tractations discrètes entre l'ancien Premier ministre et le chef de l'État
 

(SenePlus) - Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a signé, ce vendredi 14 août, un décret de grâce présidentielle en faveur de l'opposant Succès Masra, rapporte Jeune Afrique. La mesure figurait déjà dans le discours prononcé par le chef de l'État le 10 août, à la veille des célébrations de l'indépendance du pays, lorsqu'il avait évoqué une grâce à venir sans en préciser les bénéficiaires, selon le média panafricain.

Président du parti Les Transformateurs et ancien locataire de la primature, Succès Masra figure parmi les personnes graciées, aux côtés de huit condamnés issus du Groupe de concertation des acteurs politiques, une coalition de l'opposition, précise Jeune Afrique. Le même jour, le chef de l'État tchadien a également ordonné une remise de peine collective, un dispositif déjà appliqué en 2023, qui bénéficie à l'ensemble des détenus à l'exception de ceux condamnés pour terrorisme, viols ou trafics de stupéfiants, selon la même source.

Cette annonce intervient après une longue période de détention pour l'opposant. Condamné en août 2025 à vingt ans de prison ferme pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et « complicité de meurtre », il avait vu sa peine confirmée par la Cour suprême en mai dernier, selon JA. Les autorités lui reprochaient la diffusion, en 2023, d'un message qui aurait contribué au déclenchement, deux ans plus tard, d'affrontements intercommunautaires meurtriers à Mandakao.

Selon des proches cités par le magazine Succès Masra était retenu depuis mai 2025 dans un bureau transformé en cellule au sein des locaux de la police judiciaire de N'Djamena. Sa libération fait suite à des négociations menées directement entre l'opposant et le président Déby Itno.

Le chef de l'État tchadien s'était dit prêt à autoriser sa sortie de prison par le biais d'une grâce présidentielle. Mais Masra, lui, aurait préféré une autre voie, celle d'une amnistie pure et simple, qui aurait eu pour effet d'effacer sa condamnation plutôt que de simplement suspendre l'exécution de sa peine, indique le média. C'est finalement l'option de la grâce, portée par le président, qui a été retenue.

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