Skip to main content
Transparence budgétaire, le Nigeria recalé pour la deuxième année consécutive par les États-Unis
Le rapport 2026 du département d’État américain pointe des lacunes persistantes dans la préparation et l’exécution du budget, l’audit des finances publiques et la transparence des marchés publics.
 

(AfriquesPlus) - Le Nigeria n’a pas satisfait, pour la deuxième année consécutive, aux exigences minimales des États-Unis en matière de transparence budgétaire. Washington estime que le pays n’a réalisé aucun progrès significatif dans la correction des faiblesses relevées dans sa gestion des finances publiques et la publication des informations budgétaires.

Dans un article publié le 13 août 2026, le média nigérian BusinessDay, sous la plume de Wasiu Alli, rapporte les conclusions du Fiscal Transparency Report 2026 du département d’État américain, publié le 11 août. L’évaluation, qui porte sur 140 gouvernements et entités et couvre la période du 1er janvier au 31 décembre 2025, classe le Nigeria parmi les 67 pays n’ayant pas satisfait aux exigences minimales de transparence budgétaire. Sur ces 67 pays, 14 ont toutefois enregistré des progrès significatifs, ce qui n’est pas le cas du Nigeria.

Le rapport américain pointe plusieurs faiblesses dans la préparation et l’exécution du budget, l’audit des finances publiques et la transparence des marchés publics. Le Nigeria n’aurait notamment pas publié dans un délai raisonnable son projet de budget exécutif, tandis que ses documents budgétaires ne fourniraient pas une vision suffisamment complète des recettes et des dépenses de l’État.

L’évaluation relève également des écarts entre les recettes et dépenses effectivement réalisées et celles prévues dans le budget adopté. Ces divergences soulèvent des interrogations sur la qualité de l’exécution budgétaire et la capacité des autorités à assurer un suivi suffisamment transparent des finances publiques.

Cette situation intervient alors que des données issues de la consultation de 2026 du Fonds monétaire international (FMI) au titre de l’article IV font état d’environ 8 800 milliards de nairas de dépenses publiques non enregistrées ou réalisées hors budget, soit près de 2 % du produit intérieur brut. Le gouvernement nigérian a toutefois officiellement rejeté ces chiffres.

BusinessDay rappelle également que le Nigeria aurait comptabilisé au moins 210 milliards de nairas dans des allocations se chevauchant, alimentant les inquiétudes sur la discipline budgétaire dans un contexte marqué par l’augmentation de la dette publique.

Le pays obtient néanmoins un satisfecit sur un volet : les informations relatives à ses obligations financières, notamment certaines dettes importantes des entreprises publiques, sont rendues accessibles au public. Le rapport estime par ailleurs que le cadre juridique encadrant le fonds souverain nigérian est solide, notamment en ce qui concerne ses sources de financement et les principes régissant les retraits.

L’institution supérieure de contrôle des finances publiques est en revanche critiquée pour son manque d’indépendance au regard des standards internationaux et pour l’absence de publication de rapports substantiels, malgré son accès à l’intégralité du budget exécuté.

La transparence des marchés publics constitue un autre point faible. Selon l’évaluation américaine, les informations accessibles au public sur les contrats de la commande publique ne sont pas suffisamment disponibles. Le rapport reconnaît toutefois que la législation nigériane fixe les critères et procédures d’attribution des contrats et licences liés à l’exploitation des ressources naturelles et que les autorités appliquent généralement ces règles.

Pour les pays disposant d’importantes ressources naturelles, les exigences américaines prévoient également la publication des procédures d’attribution et des informations essentielles sur les concessions et contrats accordés, notamment leur localisation, la ressource exploitée, leur durée et l’identité de l’entreprise bénéficiaire.

Le département d’État américain rappelle que cet exercice annuel, prévu par la législation américaine, vise notamment à déterminer si les gouvernements bénéficiant de certaines formes d’aide américaine respectent des standards minimaux de transparence budgétaire. Il porte sur l’accès du public aux informations relatives aux recettes, dépenses, dettes, contrats liés aux ressources naturelles et marchés publics.

Washington souligne que la transparence budgétaire est essentielle à une gestion efficace des finances publiques, à la confiance des marchés et à la soutenabilité économique. Elle permet également aux citoyens de mieux contrôler l’utilisation des ressources publiques et de participer au débat sur les politiques gouvernementales.

Le département d’État précise toutefois que cette évaluation ne constitue pas un classement des niveaux de corruption. Un échec aux exigences minimales de transparence ne signifie donc pas nécessairement qu’un gouvernement est fortement touché par la corruption, tout comme leur respect ne garantit pas un faible niveau de corruption.

À l’inverse du Nigeria, le Ghana et le Kenya ont satisfait aux exigences minimales, aux côtés notamment du Rwanda, de l’Afrique du Sud, de l’Ouganda, de l’Inde, de l’Indonésie, du Maroc et de Maurice. Les États-Unis soulignent que les résultats peuvent évoluer d’une année à l’autre, en fonction du renforcement des critères de transparence ou des progrès et reculs enregistrés par les gouvernements.

L’édition 2026 a notamment introduit une nouvelle exigence concernant la publication des conditions des prêts souverains accordés à des emprunteurs étrangers, y compris les informations relatives aux passifs et aux actifs utilisés comme garanties. L’évaluation s’est appuyée sur des informations recueillies auprès des ambassades et consulats américains, d’autres agences gouvernementales américaines, d’organisations internationales et d’organisations de la société civile.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
327
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3