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Trump exfiltré discrètement de Turquie après le sommet de l’Otan
Une menace attribuée à l’Iran aurait conduit les services de sécurité américains à brouiller les pistes sur le départ du président, en utilisant un avion militaire pour rejoindre le Royaume-Uni à l’insu des journalistes qui l’accompagnaient.
 

(AfriquesPlus) - Le président américain aurait été discrètement transféré vers un appareil militaire après une alerte de sécurité jugée crédible, tandis que les journalistes qui l’accompagnaient étaient laissés dans l’ignorance. Le dispositif, préparé en quelques heures, aurait été conçu pour brouiller la localisation du président et protéger son départ du sommet de l’Otan.

Donald Trump a secrètement quitté la Turquie à bord d’un avion militaire après une menace attribuée à l’Iran, selon une enquête publiée le 10 août 2026 par le New York Times. Les journalistes Maggie Haberman, Eric Schmitt et Zolan Kanno-Youngs rapportent que les services de sécurité américains ont organisé une opération destinée à dissimuler les véritables conditions du départ du président américain du sommet de l’Otan, organisé en Turquie en juillet.

Selon deux hauts responsables américains cités par le quotidien, Trump devait officiellement quitter la Turquie le 8 juillet à bord d’une ancienne version d’Air Force One. En réalité, il aurait été extrait discrètement de cet appareil avant son départ et transféré vers un troisième avion, un C-32A, version militaire du Boeing 757, qui l’a conduit jusqu’à une base militaire britannique.

Le stratagème aurait commencé à l’aéroport, où Trump aurait embarqué à bord de l’ancien Air Force One devant les caméras. Les journalistes du pool présidentiel, eux, ont également pris place dans l’appareil, sans savoir que le président n’effectuerait pas le trajet avec eux.

Selon le New York Times, Trump aurait ensuite été transféré par un véhicule depuis un autre avion vers l’ancien Air Force One, en utilisant une entrée différente de celle empruntée par les journalistes. L’appareil a atterri à la base militaire de Mildenhall, en Angleterre, à 22h16. Quarante minutes plus tard, Trump en est descendu avant de rejoindre l’avion présidentiel plus récent, offert par le Qatar, pour poursuivre son voyage vers Washington.

Le dispositif aurait été décidé après que les autorités américaines eurent déterminé qu’une menace iranienne visant le président était crédible. Trump aurait été informé de cette menace alors qu’il se trouvait encore en Turquie. Un groupe restreint de hauts responsables aurait alors participé à l’élaboration du plan, notamment le général Dan Caine, chef d’état-major des armées américaines, et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth.

Le risque ne concernait toutefois pas spécifiquement l’avion offert par le Qatar. D’après les sources du New York Times, la menace visait Trump quel que soit l’appareil à bord duquel il voyagerait.

Cette opération intervient après les révélations, publiées en juillet par le New York Times, sur les capacités de protection limitées de l’appareil qatari. Le nouveau Boeing 747-8 n’était notamment pas encore équipé de l’ensemble des systèmes défensifs présents sur les anciennes versions d’Air Force One.

À l’époque, le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung, avait évoqué l’utilisation de « distraction et de diversion » pour répondre aux menaces visant le président. Après les nouvelles révélations, la Maison-Blanche a toutefois réutilisé sa déclaration initiale sans cette référence.

Le dispositif de sécurité aurait également conduit les autorités américaines à tromper les journalistes chargés d’accompagner le président. Ceux-ci ont rapporté que Trump avait quitté la Turquie à bord de l’ancien Air Force One, alors qu’il voyageait en réalité sur un autre appareil. Ils sont ainsi devenus, sans le savoir, des éléments du dispositif de diversion.

Cette pratique n’est pas totalement inédite dans la protection des présidents américains. Donald Mihalek, ancien agent du Secret Service ayant participé à la protection de George W. Bush et Barack Obama, a expliqué au New York Times que les services de sécurité avaient déjà recours à des convois et des vols leurres lorsqu’un président se trouvait dans une zone présentant des risques particuliers.

La menace iranienne contre Trump s’inscrit dans un contexte plus ancien. Le président américain et plusieurs de ses conseillers sont visés depuis plusieurs années par des menaces attribuées à l’Iran, notamment depuis que Trump avait ordonné, durant son premier mandat, l’élimination du général iranien Qassem Soleimani.

Selon le New York Times, ces menaces avaient déjà conduit les équipes de Trump à utiliser des avions leurres pendant la campagne présidentielle de 2024. Les autorités américaines avaient également renforcé sa protection après la réception de nouveaux renseignements faisant état de projets visant à lui nuire.

Les révélations sur le départ de Turquie interviennent par ailleurs dans un contexte de tensions entre la Maison-Blanche et la presse autour des informations relatives à la sécurité présidentielle. Après la publication, en juillet, d’informations sur les vulnérabilités de l’avion qatari et les menaces iraniennes, le département de la Justice avait demandé des éléments liés aux journalistes ayant travaillé sur ces révélations. La procédure avait ensuite été abandonnée après les critiques d’un juge fédéral.

Le New York Times souligne enfin que les autorités américaines n’avaient jusqu’ici jamais reconnu publiquement que Trump n’avait pas voyagé à bord de l’avion présenté comme celui qui le transportait depuis la Turquie. La révélation de cette opération met ainsi en lumière l’ampleur des mesures de sécurité mises en œuvre autour du président américain, mais aussi le degré de secret auquel les autorités ont eu recours pour protéger sa localisation.

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