(AfriquePlus) - À l'approche des élections générales du 13 août prochain, l'industrie extractive de la Zambie retient son souffle. Le pays, deuxième producteur de cuivre du continent africain, s'est fixé un objectif titanesque : tripler sa production pour atteindre les 3 millions de tonnes annuelles. Mais pour concrétiser cette ambition, les opérateurs miniers exigent des garanties structurelles fortes, allant de la modernisation du réseau électrique à des incitations fiscales ciblées.
Dans une dépêche publiée le 4 août 2026, les journalistes Chris Mfula et Maxwell Akalaare Adombila de l'agence Reuters dressent le portrait d'un secteur minier en pleine effervescence. Propulsé par une demande mondiale insatiable liée à la transition énergétique (véhicules électriques, réseaux électriques, construction), le prix du cuivre a bondi de plus de 40% en un an pour franchir la barre des 14 000 dollars la tonne. Un eldorado que la nation d'Afrique australe entend bien exploiter.
L'enjeu est vital pour le pays, où le secteur minier constitue l'épine dorsale de l'économie. Il pèse pour 9% du PIB, génère 72% des recettes d'exportation et représente près de la moitié des revenus de l'État. Alors que plus de 8 millions de Zambiens s'apprêtent à élire leur prochain président, les experts anticipent une réélection pacifique d'Hakainde Hichilema, synonyme de continuité pour les milieux d'affaires.
Toutefois, la stabilité politique ne suffira pas. Interrogé par Reuters, Ayo Sopitan, directeur général de l'entreprise minière Metalex Commodities, prévient : « L’ambition de tripler la production de cuivre nécessitera des incitations plus fortes pour l'exploration, la fabrication locale et l’ajout de valeur, parallèlement à des investissements majeurs dans les infrastructures. »
Exploration et infrastructures au cœur des revendications
Le dirigeant souligne également l'urgence de renforcer les mécanismes de règlement des différends et de revoir les taxes d'exportation sur les concentrés, qui étouffent les producteurs dépourvus de capacités de raffinage.
Depuis le scrutin de 2021, le climat de confiance instauré par de récentes réformes (sur la réglementation des devises ou le coût des carburants) a déjà permis d'attirer plus de 10 milliards de dollars d'investissements. C'est ce que rappelle Anthony Malenga, président de la Chambre des mines de Zambie. Mais pour lui, la pérennité de cette dynamique passe obligatoirement par la découverte de nouveaux filons. « L'industrie minière a besoin d'une véritable croissance et cela ne peut se faire qu'avec une augmentation des dépenses dans l'exploration de nouveaux gisements », insiste-t-il auprès de l'agence de presse, appelant à des réformes pour s'assurer que les permis d'exploration soient détenus par des sociétés financièrement capables de développer les projets.
Malgré cet optimisme de façade, des menaces structurelles pèsent sur ces ambitions cuivrifères. Menzi Ndhlovu, analyste principal chez Signal Risk cité par Reuters, souligne que les pénuries d'électricité et les futures pressions syndicales (qui pourraient exiger des hausses de salaires face à l'intensification de l'activité minière) représentent les plus grands dangers à court terme.
L'incapacité actuelle du réseau électrique à supporter une expansion minière massive sans de nouveaux investissements colossaux inquiète les investisseurs. Les dirigeants de l'industrie estiment d'ailleurs qu'il manque au minimum 2 000 mégawatts de capacité supplémentaire pour atteindre les objectifs de production ciblés. Un déficit infrastructurel que le prochain gouvernement, quel qu'il soit, devra combler en urgence pour ne pas laisser passer le train de la transition énergétique mondiale.